
Vivre, comprendre et transmettre la foi
Qu'est-ce que la Nouvelle Évangélisation?
Comment participer à la nouvelle évangélisation?
La mission particulière du Mouvement des Cursillos
Message du Synode des Évêques sur la nouv. évang.
Au pays de l'évangélisation, par Gilles Baril, AS du MCFC

Ça prend quoi pour travailler auprès des jeunes?
Il faut avoir fait la paix avec notre propre adolescence. Connaître nos limites et ne pas donner l’impression que nous sommes parfaits. Être d’égal à égal avec eux, en toute humilité et simplicité. Ne pas craindre de leur parler de notre propre jeunesse. Leur montrer qu’on a déjà été comme eux : pleins de questions sur la société et sur notre avenir. Il faut avoir un amour inconditionnel des jeunes. Ne pas vouloir les changer. Être capable de nous convertir à leur vécu avant de vouloir les convertir à notre façon d’agir et de penser. Jean Bosco disait : « Il faut d’abord s’intéresser à ce qui les intéresse. » Avoir un feu sacré intérieur. Il faut savoir éviter la routine. Vouloir constamment faire du neuf dans nos vies. Accepter les remises en question. Développer leur sens "critique". Faire preuve de souplesse. Oser leur offrir des engagements humanitaires, de fraternité, de protection de l’environnement, de solidarité pour venir en aide à des démunis… leur permettre de dépasser le monde du spontané et des "feelings" en les aidant à saisir les richesses de l’histoire, de la tradition et des règles de vie qui structurent la vie sociale et communautaire. Beaucoup, beaucoup d’humour. Ne pas être toujours sérieux. Ne pas se prendre trop au sérieux. Ne pas prendre trop au sérieux leurs comportements qui parfois ne sont là que pour nous tester. Ne jamais les trahir dans leurs confidences. Pour travailler auprès des jeunes, il ne faut jamais viser la quantité. Il faut développer une politique des petits pas qui les uns après les autres finissent par former des leaders. Le jeune (comme l’adulte) développe ses talents en les mettant au service des autres, et souvent ça prend un jeune pour permettre à un autre jeune de trouver le sens de sa vie.
Le Père Mounier qui a beaucoup travaillé auprès des jeunes en France résume son expérience en ces termes :
« Les jeunes nous regardent beaucoup plus qu’ils ne le laissent paraître. Ils observent notre authenticité ou si nous ne sommes que des cymbales retentissantes :
si nous les adultes nous ralentissons, les jeunes vont s’arrêter;
si nous les adultes nous faiblissons, les jeunes vont flancher;
si nous les adultes nous asseyons, les jeunes vont se coucher;
si nous les adultes nous doutons, les jeunes vont désespérer;
si nous les adultes nous marchons, les jeunes vont nous dépasser;
si nous les adultes nous donnons la main, les jeunes donneront leur peau;
si nous les adultes nous prions, les jeunes deviendront des saints.
Répétons encore que les gens qui ont le plus d’influence auprès des jeunes, de façon générale, ce sont les grands-parents. Ils se sentent aimés et écoutés par eux. Ils admirent leurs vies données même s’ils n’ont pas le goût de faire les mêmes sacrifices qu’eux (comme nous à leur âge).
Les jeunes ne rejettent pas Dieu ni le spirituel, mais ils ne comprennent pas nos liturgies et nos traditions religieuses. Prendre le temps de leur expliquer notre vécu spirituel c’est à coup sûr les amener à plus de profondeur spirituelle.
Pour résumé, je dirais que la pastorale jeunesse consiste d’abord à changer le monde un cœur à la fois, à commencer par le sien puis ensuite à laisser jaillir la Vie entre les différentes générations. Les aînés ont besoin des jeunes comme les jeunes ont besoin de leurs aînés (parents et grands-parents). Et la mixité des générations est une spécificité de la vie en Église.
Un vieil homme tout frêle va vivre avec son fils, sa bru et son petit-fils de quatre ans. La main du vieil homme tremblait, sa vue était embrouillée et sa démarche vacillante. La famille mangeait ensemble à la table. Mais, le vieux grand-papa éprouvait de la difficulté à manger. Les petits pois glissaient de sa cuiller et tombaient sur le plancher. Quand il prenait son verre de lait, il le renversait sur la nappe. Le fils et son épouse étaient irrités par le gâchis.
Le fils affirmait « On devrait faire quelque chose à propos de papa » « J’en ai marre du lait renversé, du bruit qu’il fait en mangeant et de la nourriture sur le plancher. »
Alors, avec son épouse, ils installèrent une table dans un coin de la cuisine. Là, le grand-père mangeait seul pendant que la famille prenait le repas. Étant donné que le vieil homme avait brisé de la vaisselle, sa nourriture était servie dans un bol de bois. Quand la famille jetait un coup d’œil en direction de grand-papa, il leur arrivait de voir une larme glisser sur la joue du vieil homme pendant qu’il était assis tout seul.
Malgré tout, ils continuaient à maugréer contre lui lorsqu’il échappait sa fourchette ou sa nourriture. Le petit-fils observait tout en silence.
Un soir, avant le souper, le papa remarqua son fils qui jouait avec des morceaux de bois qui jonchaient le plancher. Il lui demanda gentiment, « Que fabriques-tu? » Tout aussi gentiment le petit garçon répondit, « Oh! Je fais un petit bol pour toi et maman pour que vous mangiez votre nourriture lorsque je serai plus grand. »
Le petit garçon sourit et continua son travail.
Ces mots ont eu l’effet d’une bombe sur les parents qui devinrent silencieux. Des larmes commençaient à ruisseler le long de leurs joues… Sans dire un mot, ils savaient ce qu’ils devaient faire. Ce soir-là, le fils prit la main de son père pour le ramener gentiment à la table familiale. Pour le reste de ses jours il mangea tous ses repas avec la famille. Et pour quelque raison, ni le fils ou son épouse ne firent de cas quand il échappait sa fourchette, renversait du lait ou salissait la nappe. (Giovanni Pascoli)
Publié avec l'autorisation de l'auteur
Extrait de: Le quotidien de l'Évangile, Gilles Baril, prêtre, p. 87-90

Écrit pour le Congrès du Mouvement Cursillo 95. Par. et mus.: Robert Lebel
Je vous envoie au beau milieu d'un monde
Où Dieu pourtant m'a déjà envoyé,
Mais, désormais, c'est par vous qu'il rencontre
Les coeurs blessés qu'il cherche à visiter.
Allez! je vous envoie
Porter la Bonne Nouvelle.
Allez! je vous envoie
Par toute la terre!
N'emportez rien sinon pour tout bagage
Qu'un peu de pain pétri au quotidien!
L'amour n'est rien si nul ne le partage,
Si votre coeur ne lui donne des mains
Ne craignez pas d'avoir à vous défendre
Devant les grands et leurs savants discours.
L'Esprit viendra! Il saura vous apprendre
Les mots qu'il faut pour annoncer l'Amour
Et si le vent venait à vous surprendre
Pour nous mener là où vous n'alliez pas,
Laissez vos coeurs comme voiles s'étendre
Au vent d'Esprit qui sait où il s'en va
Allez ! je vous envoie
Porter la Bonne Nouvelle.
Allez! je vous envoie
Par toute la terre.