Imprimer Texte plus gros Texte plus petit


Formation > Choix de capsules de réflexion > Capsule de réflexion de la semaine

Texte plus gros Texte plus petit

Capsule de réflexion de la semaine

 

3 capsules Il y a des capsules qui soulagent la douleur... Il y en a qui tonifient... ou augmentent la capacité à l'effort, etc

En spiritualité,
il y a aussi de ces capsules qui font du bien!

Des capsules de sagesse qui amènent à réfléchir...
qui nous stimulent
et nous invitent
à mieux en vivre...

Ce sont de courts textes qui font appel à nos valeurs et souvent à des éléments de base de notre foi.

Nous en avons sélectionné pour vous et vous en présentons une nouvelle à chaque semaine.

Un grain de blé nommé QUISUISJE?

Un grain de blé nommé QUISUISJE?

Depuis l’automne dernier, QUISUISJE, un grain de blé, est parfaitement heureux dans son grenier. « Comme il fait bon vivre ici, il ne pleut pas, il n’y a pas d’humidité, et mes petits copains sont bien gentils; il n’y a pas de bagarre entre nous. Comme je suis heureux, très heureux. Je voudrais que ma vie soit toujours ainsi… »

Blé dans un grenier« Est-ce cela qu’on appelle le bonheur? Je suis en santé, je ne manque de rien, tout est calme, oui, je crois que je vis le parfait bonheur. Mais, vous serez d’accord avec moi, c’est un petit bonheur de grain de blé dans un grenier. Je le dis doucement parce qu’il ne faut pas mépriser le bonheur humain. J’ai le droit de travailler à ma santé, à mon aisance, à ma tranquillité. Rien de méprisable en tout cela. Qu’en pensez-vous ? Ai-je été créé pour passer le reste de ma vie dans un grenier? Si c’est pour ça, c’est un bien petit bonheur, et je commence à m’ennuyer … »

« Qu’est-ce que je pourrais faire pour que ma vie goûte meilleur ? »
« Oh! Seigneur, pardonne-moi, comme je suis ingrat de me plaindre ainsi! Non, je veux te dire merci pour ce que je suis aujourd’hui. Seigneur, je te remercie pour toutes tes grâces : tu prends soin de moi, je ne manque de rien, je suis bien tranquille, c’est parfait. Merci Seigneur.»

Les jours passent, et QUISUISJE commence à penser que son Dieu est bien bizarre d’être le père et le garant d’un petit bonheur dans un grenier. «Hou... Hou… Dieu, es-tu là ? Est-ce bien ce que tu attends de moi, de rester ainsi dans un grenier pour le reste de mes jours?... J’ai beau être en santé, tranquille, et ne manquer de rien, il me semble que c’est un bien petit bonheur que le mien, tu ne crois pas? »

Voilà qu’aux premiers jours du printemps, un camion arrive et les ouvriers chargent le tas de blé dans une grande charrette et le transportent dans la campagne. QUISUISJE a le cœur à chanter : « Comme c’est merveilleux, les oiseaux, les fleurs, le ciel bleu… merci, Seigneur, tu es grand; que la vie est belle, bien plus que je ne le pensais !… À toi, toutes les louanges de la terre ! »

Les jours passent, et QUISUISJE est de moins en moins emballé : «Qu’est-ce qui m’arrive ? Hier, j’éclatais de joie, et aujourd’hui, me revoilà encore triste : pourquoi ? Je n’ai toujours pas de réponse à ma question existentielle : - qui suis-je, et pourquoi ai-je été créé ? - Grain j’ai été, et grain je resterai jusqu’à la fin, est-ce vraiment cela que tu attends de moi, Seigneur ? »

Deux jours plus tard, les ouvriers transportent la charrette sur une terre fraîchement labourée, versent le tas de blé sur le sol et l’enfoncent dans la terre. QUISUISJE étouffe, et se met à crier : « Non, pas ça, je manque d’air, l’humidité me ronge les os, et il fait noir, Seigneur, j’ai peur, est-ce ma mort que tu veux ?... Je regrette vraiment de m’être plaint de mon petit bonheur tranquille dans le grenier, c’était tellement plus simple et plus sécuritaire. Je ne voudrais pas blasphémer, mais je commence à me demander quelle sorte de Dieu tu es pour permettre qu’une telle chose arrive, moi, je pense que la vie est tout simplement absurde, pas toi ? »

Et dans cette plainte étouffée, QUISUISJE s’endort…

On raconte que des gens sont passés par ce champ à la fin du mois de juin, et ils ont entendu la voix de QUISUISJE qui chantait : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul…» Et les épis dorés se balançaient au gré du vent!
Cette réflexion est inspirée de: Vivre le christianisme, François Varillon
Images prises sur le Net