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La foi en action
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Un modèle de foi en action

Prophètes de notre temps !

...tantôt de grands noms
connus mondialement,

tantôt des témoins
qui rayonnent
dans un milieu donné.

Chacun à sa manière
nous interpelle
comme un reflet du Christ.
Lavement des pieds
Chacun nous invite à répondre
à l'amour que Dieu nous porte
en nous mettant
au service des autres.


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Claude Paradis

L'abbé Claude Paradis
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Fondateur
de
Notre-Dame-de-la-Rue


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"Je suis un prêtre qui se doit d’amener Jésus-Christ
là où les gens Le rencontrent
".

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Brève biographie de Claude Paradis

Claude Paradis est né le 7 août 1955 à Sainte-Anne-des-Monts.

Son père, Adéodat Paradis, est né le 22 juillet 1928 à Moïse (Matapédia).
Sa profession fut superviseur en industrie.

Sa mère, Thérèse Roy, est née le 5 septembre 1933 à Cap-Chat en la paroisse St-Norbert.

Adéodat et Thérèse se sont mariés le 23 juin 1954 à Cap-Chat.

Ils ont eu trois fils : Claude, Martin et Patrick.

Lorsqu'il était enfant, Claude désirait devenir prêtre et avait une dévotion particulière
pour la Vierge Marie.

Claude allait à la messe tous les matins et disait à ses proches qu'il allait au restaurant.
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En 1965, la famille déménage à Cowansville.
Claude a fait ses études secondaires à la polyvalente Massey-Vanier de Cowansville
où il a terminé son Secondaire V.

Après le secondaire, Claude est déménagé à Montréal et a commencé à consommer de la drogue.

Puis il effectua un retour à Cowansville et travailla comme préposé aux bénéficiaires durant sept ans à l'hôpital de Cowansville.

En 1985, Claude a vécu son Cursillo à Saint-Hyacinthe et a été actif
durant un an à Cowansville.

Il fit un deuxième retour à Montréal et là c'est la consommation abondante de drogue.
Il a fait de grandes tentatives pour se sortir de cette dépendance et demandait au Seigneur de l'aider.

Claude a fait trois thérapies et ça n'a rien donné.
Lors de sa troisième, il a quitté la maison de thérapie l'avant-midi et l'après-midi,
il était dans un bar.

Claude se sent abandonné des humains
et s'en remet totalement à Dieu


Claude ParadisClaude, à 33 ans, touche un bas fond et se sent abandonné des humains. Par hasard, errant dans une ruelle, il aperçoit une vieille église.

Poussé par un étrange instinct, Claude se réfugie dans cette vieille église à Montréal, notamment
la chapelle Notre-Dame de Lourdes, située au 430 Ste-Catherine est Montréal.

Se sentant alors humainement vaincu par la vie,
Il s'abandonne totalement à Dieu.

En adoration devant le Saint-Sacrement, Dieu s'est manifesté à Claude.
Il obtint une grâce spéciale de "guérison totale" et instantanée de sa toxicomanie.

Dieu lui a redonné sa dignité.
Claude dira plus tard:
"Dieu se manifeste toujours au moment précis où tout ce qui est humain est insuffisant, lorsque tout comme moi on s’avoue vaincu par la vie".

Claude renaît dans l'émerveillement et n'a plus qu'un désir: devenir prêtre.
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Claude a repris ses études au grand séminaire de Montréal à l'âge de 33 ans.

Son père ne croyait pas à sa vocation et lorsque Claude appelait à la maison,
il raccrochait ne voulant pas lui parler.


Durant ses deux premières années au séminaire, Claude n'est pas allé chez ses parents
et ce même dans le temps des fêtes.

Après avoir terminé son séminaire, le cardinal Turcotte lui a demandé de faire des études en toxicomanie à l'Université de Montréal.
Il s'inscrivit et réussit son BAC en toxicomanie.

Claude fut ordonné prêtre le 26 septembre 1996 par l'archevêque de Montréal,
le cardinal Jean-Claude Turcotte.
Sa famille était présente au grand complet.
Même son père qui était sceptique relativement à sa vocation, était présent et très fier de son fils Claude.

Appel à une mission spéciale


Claude Paradis vient d'être ordonné prêtre et il cherche à découvrir sa véritable voie.
Il s'interroge pour découvrir dans quelle mission le Seigneur veut l'envoyer.
Le Seigneur se servira d'Olivier pour lui confier sa mission.

Cette belle histoire a commencé la même année de son ordination avec le jeune Olivier
de 18 ans que l'abbé Paradis avait accompagné à quelques reprises dans la rue alors qu'il terminait ses études.

Olivier est alors à l'hôpital St-Luc de Montréal en phase terminale, suite à un cancer.
Il demande à l'abbé Paradis de lui rende visite.

Olivier avait été accueilli dans 12 familles d'accueil mais n'avait pas connu la confiance
et la fidélité humaine.

Olivier a confié à l'abbé Paradis :
" Moi, il n'y a jamais personne qui m'a regardé vivre; voudrais-tu au moins
me regarder mourir! » et il ajoute ceci : « Il y a beaucoup d'autres de mes amis qui sont dans la rue, voudrais-tu t'occuper d'eux" ?

L'abbé Paradis écrira plus tard :
"ET LÀ JE VENAIS DE RECEVOIR MA MISSION".
C'est depuis ce temps que j'essaie de faire ce que le Seigneur
m'a dit par la voix d'Olivier:
"Apporter le Christ dans la rue".

L'abbé Claude est demeuré auprès d'Olivier, l'a accompagné dans son chemin vers la mort
et a même célébré ses funérailles.
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En 2010 l'abbé Paradis a d'abord fondé « La Rue se meurt »
et l'a rebaptisée en 2013 « Notre-Dame-de-la rue » et c’est devenu un organisme diocésain.

Claude ParadisLe nom Notre-Dame-de-la-Rue (NDLR) est une inpiration de l'abbé Paradis qui a une dévotion très spéciale pour:
"Madona della Strada" qui existe en Italie.

Le nom lui est venu suite à une funéraille célébrée au cimetière
"Repos St-François de Montréal", pour des gens non réclamés.

À titre indicatif, dans une même année, il y avait 480 personnes dont 190 étaient des cas de coroner : meurtres, suicides, overdoses de drogues etc.

Au printemps d'une autre année, l’abbé Paradis célébra une funéraille pour des enfants avortés et ceux qui décèdent à la naissance. Il dira:
« Les médias ne parlent pas de cela ».

En plus de s'occuper des gens de la rue, l’abbé Paradis a travaillé en soins palliatifs
à l'hôpital de Verdun de 2000 à 2012.
La rue et les soins palliatifs sont de bons compléments selon lui.

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Claude ParadisEn 2010, l'abbé Paradis a fait un séjour d'un mois au Brésil où il a travaillé dans les "favellas".
Il a assisté Laurette Lepage dans sa mission dans les favellas de Rio de Janeiro.
Il a répété ce geste l'année suivante.
C'est sa façon de faire sa part pour l'humanité
Car il a touché la vraie misère.
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Claude ParadisAu Brésil, l'abbé Paradis a vu le phénomène du groupe
«L'Escadron de la mort».
Ce sont d'anciens militaires qui enlèvent ou assassinent
les enfants, la nuit.
Ils tirent sur eux ou les enlèvent et les emmènent dans un lieu où on prélève des organes vitaux, un œil, un rein ou autre partie et on les retourne à la rue.
Ces organes sont revendus sur le marché noir.
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Claude ParadisL'abbé Paradis a vu un enfant au milieu d'un grand nombre d'étoiles de mers et il les rejetait à la mer.
L'abbé Claude lui a dit: "Pourquoi tu fais ça, tu ne peux pas toutes les sauver".
Il m'a répondu : "Pour ceux que je peux sauver ça fait la différence pour eux".

C'est ce à quoi nous sommes appelés dans notre mission avec les personnes;
une personne fait toute la différence, une à la fois.
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En 2012, Mgr Lépine a demandé à l'abbé Paradis de s'occuper en permanence des gens
de la rue, considérant qu'il y avait un besoin imminent.

Ce qui est paradoxal, c'est que Claude Paradis est devenu prêtre après une longue lutte pour ne plus être dans la rue.
Et l'Église lui demande d'exercer un ministère dans la rue.

Il dira :
"J'ai consommé dans ma jeunesse, c'était ma faiblesse et maintenant c'est ma force".

La petite histoire de Kévin

L'abbé Claude Paradis a adopté un fils, Kévin Cardin.

Claude ParadisSon histoire est brièvement la suivante :
De 4 à 14 ans Kévin a vécu dans une famille d'adoption où il n’était pas traité avec grand respect. Par la suite, il s'est ramassé dans un centre jeunesse et à 18 ans, on l'a mis dehors avec son sac.

Comme tous les jeunes comme lui, personne ne voulait lui donner sa chance du côté travail.

Il est parti pour venir habiter à Montréal.
Le premier soir, un homme lui a proposé de vendre de la drogue pour lui.

Au début, Kévin faisait beaucoup d'argent,
$500. à $800. chaque soir.
Ça lui permettait de se payer une belle chambre d'hôtel et il se disait enfin heureux et il appréciait enfin sa liberté.

Tranquillement, il a commencé à consommer lui-même du crack et évidemment
tout a basculé.

Kévin a fait de la prison à la suite d'un vol et par la suite il a fait le choix de se désintoxiquer.

Par la suite, il fit la rencontre d'une jeune fille de la rue.
Elle a réussi à se prendre un appartement et ils se sont mariés.

Il dira : "Je n’étais pas capable de dormir sur un lit, mon corps était habitué au sol dur".

Aujourd’hui Kévin est l’acolyte de l’abbé Paradis dans sa mission auprès des itinérants et fait un travail d'une grande valeur.
Il est rémunéré par le Diocèse de Monréal.

La mission de Notre-Dame-de-la-Rue (NDLR)


Claude ParadisClaude ParadisClaude Paradis
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"Notre-Dame-de-la-Rue" est un service diocésain à Montréal.
C'est une présence de l'Église dans la rue.

L’été, l’abbé Paradis, accompagné par son acolyte Kevin Cardin, porte un col romain
et une chemise à manches courtes qui laisse paraître son tatouage en forme de chapelet.

On le surnomme : Le prêtre des sans-abri et des oubliés de la société.
Parfois, une petite équipe de bénévoles les accompagne.
Leur mission est d’aller vers les gens.
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Claude ParadisL'abbé Claude, accompagné de Kévin poussent un
" bac à roulettes" rempli de vêtements et de barres tendres;
ce qui attire les passants de la rue Sainte-Catherine.

Ils vont rencontrer les gens là où ils sont.

Selon l’abbé Paradis, il n’est pas lui-même un travailleur social ni un travailleur de rue, il est un prêtre qui se doit d’amener Jésus-Christ là où les gens le rencontrent.

Ils apportent ainsi une présence de l'Église dans la rue.
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Au début, ils donnaient du café, des vêtements, mais très vite ils se sont aperçus
que ce n’était pas juste ça que les gens avaient besoin.
Ce qui a amené l'abbé Paradis à perfectionner leur façon de faire.

L'abbé Paradis estime que ce qui rend le pape François le plus triste au niveau du clergé dans son exhortation apostolique "La joie de l'Évangile", c'est l'insuffisance de la spiritualité auprès des pauvres.
C'est à ce manque de spiritualité que nous tentons de remédier avec Notre-Dame-de-la-rue.

La préoccupation première de NDLR est donc devenue :
Emmener une présence spirituelle aux gens de la rue,
les aider à trouver un sens à ce qu’ils vivent.

« Tout le monde a besoin de spiritualité.
C'est pour ça qu'on les accueille tels qu'ils sont.
On essaie de faire un bout de chemin avec eux, à la même vitesse qu'eux.
S'ils ne veulent pas aller dans un centre, on va cheminer avec eux d'une autre façon».
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Claude ParadisL'abbé Paradis accompagne beaucoup de gens dans le sacrement du pardon, là où les gens sont:
souvent dans une ruelle, dans les parcs, mais également dans les piqueries et même dans un bordel.
"Des fois, ils ne savent pas que c'est une confession,
mais il m'en font unes".

Son action peut prendre diverses formes, selon les besoins,
ce peut-être: par la prière, par les célébrations eucharistiques,
par le sacrement de la pénitence, par une funéraille,
par de l’écoute ou même par la distribution de collations.
Ils ont besoin qu’on leur parle de Dieu.

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Claude ParadisDes bénévoles se joignent à leur mission :
des infirmières, un policier retraité de police-jeunesse, des bénévoles de l'hôpital de Verdun, des femmes qui tricotent des mitaines, des bas ou des tuques et qui souvent les accompagnent pour la distribution.
Il y a même la mère de l’abbé et sa tante qui ont tricoté plus de 200 paires de bas et l'ont accompagé pour la distribution.
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Ils ont un budget restreint. Les Chevaliers de Colomb ainsi que le conseil de la cathédrale leur viennent en aide pour l'achat de nourriture.
Kévin est rémunéré par le diocèse et l'abbé Paradis reçoit son salaire de prêtre.
Ils ont une grande collaboration avec "La Maison du Père" et "l'Accueil Bonneau".

Depuis quelques années, l'abbé Paradis, pour être plus près des itinérants
et par compassion pour eux, ira parfois coucher dans la rue avec eux par solidarité.
À chaque année, durant le mois de décembre, il couche dans la rue
et célèbre la messe de minuit dehors avec eux.
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Pour faire un don à Notre-Dame-de-la-rue :
Faire chèque à l'ordre de L'Archevêché de Montréal (Notre-Dame-de-la rue)
2000, rue Sherbrooke Ouest Montréal, QC,
H3H 1G4 514-925-4300, poste 220

Source:
Entrevue avec l'abbé Paradis
- Site web du Diocèse de Montréal
- Journal metro
- Photos sur le web
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Recherche et conception: Réjean Vigneux
Révision: Marielle Lefebvre
Mise à jour: 01-2017