Imprimer Texte plus gros Texte plus petit

Formation > Étude de la Bible > Dimanche en dimanche > Archives >funérailles d'un homme de service

Homélie lors des funérailles d'un homme de service

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Jean 2, 13-22

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes: «Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.» Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture: L’amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l’interpellèrent: «Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais ici?» Jésus leur répondit «Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai.» Les Juifs lui répliquèrent: «Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais!»
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Funérailles d'un homme de service

photo de Gilles Baril



L’automne

 

Pour l’homme qui aimait la nature, les fleurs, les jardins, les colibris, la pêche et la chasse en automne et qui a même réussi à apprivoiser Charlot, le chevreuil, … je veux réfléchir sur la Vie et l’Au-delà en m’inspirant de cette belle saison qu’est l’automne.

L’automne est une saison qui se plait à multiplier les contradictions :

    - une lumière douce et pacifiante
    - des jours tendres, des couleurs chaudes
    - des forêts de rêves qui se surpassent en couleur et en beauté
    - puis un coup de vent, une pluie fosse et tout s’élimine
    - les arbres se vident, les jours s’abrègent
    - les nuages se traînent dans la brume
    - les feuilles partent en voyage vers l’infini…

L’automne symbolise la vie et ses exaltations suivi subitement de brusques dépouillements.

    L’absence après la présence.
    Le silence après les mots.

Ces temps de contraste nous apprennent l’humilité des passages difficiles et des ruptures douloureuses.

L’automne qui dépouille les branches et dévaste les jardins nous rappelle que la vie ne nous appartient pas. Vouloir la retenir quand elle faiblit, c’est appauvrir l’univers. Savoir l’aimer durant son voyage c’est lui faire produire tous ses fruits.

    L’essentiel, nous enseigne l’automne n’est pas l’instant qui passe, mais le temps qui dure.
    L’essentiel, c’est la vie de l’arbre et non seulement l’épisode des feuilles. L’arbre qui perd ses feuilles prépare déjà ses bourgeons pour le prochain printemps.
    L’essentiel, c’est la continuité de la vie, c’est l’appel de Dieu à donner encore plus de dynamisme à nos différents projets humains.
    L’essentiel, c’est l’espérance du bonheur sans faille que Dieu promet de jour en jour à travers chacune de nos saisons.

Gilles aimait la vie, il avait de l’idéal. Gilles, c’est l’homme de service toujours disponible : un grand supporteur pour tous. Dans sa vie, aucune place pour les plaintes ou les critiques : il savait découvrir le côté positif de chaque réalité.

Il disait ces derniers jours : « Ma vie a été belle et heureuse, mais elle a été trop courte ». Ce que la mémoire collective retient aussi de Gilles, c’est sa belle harmonie de couple avec son épouse : ils étaient toujours ensemble et ils sont toujours restés amoureux l’un de l’autre. Ils étaient un couple inspirant pour tous.

L’arbre qui perd ses feuilles prépare déjà ses prochains bourgeons. Un coup de vent et les plus belles feuilles s’envolent ainsi Gilles est entrée dans sa cinquième saison. Il n’est pas parti vers le néant, mais vers la plénitude de la beauté, vers la plénitude de Dieu.

En effet la foi rend possible un amour au-delà de la mort, un amour qui saura rester au présent. Gilles vient de naître à un bonheur inépuisable.

Consolons-nous à l’idée qu’il n’aurait pas accepté de vieillir ou de demeurer parmi nous avec une santé réduite.

« Vouloir retenir la vie quand elle faiblit c’est appauvrir l’univers ».

« Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie,
mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années.».
[John Fitzgerald Kennedy]