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Homélie lors des funérailles d'un homme qui rend plein de services

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Jean 2, 13-22

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes: «Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.» Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture: L’amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l’interpellèrent: «Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais ici?» Jésus leur répondit «Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai.» Les Juifs lui répliquèrent: «Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais!»
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Funérailles d'un homme qui rend plein de services

photo de Gilles Baril



Qui est cet homme au sommet de la montagne?

 

On raconte qu’il y avait quelque part un village construit au pied d’une montagne. Le sommet de la montagne est un énorme rocher qui semble présenter aux observateurs le portrait d’une personne : qui est-ce? Est-ce Dieu? Le fondateur du village?

Un jeune veut savoir : sa mère lui dit : “c’est le visage de la personne la plus près de Dieu qui a vécu ici”. Comment devenir le plus près de Dieu? Par notre bonté, notre accueil, notre bonne humeur constante. Par notre disponibilité à rendre service. Par notre grand respect des personnes.

Il me semble que je vous décris Marc. Si une telle montagne existait à chez nous : probablement que son sommet nous offrirait son portrait. Retenons de lui son amour de la Vie, son désir de la faciliter pour les autres : rien pour lui, tout pour les autres.

Il était aussi une présence qui fait du bien : toujours de bonne humeur, jamais de critiques ou de plaintes. Il s’intéressait à toutes les personnes qu’il rencontrait et surtout il demeurait reconnaissant pour tout ce qu’on pouvait faire pour lui.

Il a servi la messe des funérailles des dizaines et des dizaines de fois avec moi. Je l’agaçais en lui disant : “Vous pourriez les présider à ma place ...” il connaissait beaucoup de gens et il n’avait que de bonnes paroles pour chacun.

Notre vie sur terre est un voyage : nous arrivons de l’amour et nous retournons vers l’Amour. Ce qui est triste, ce n’est pas de finir son voyage, mais de ne pas profiter du temps dont nous disposons pour aimer les autres. À ce niveau, il est pour nous un modèle à revisiter par la mémoire du cœur. Sa vie est une belle inspiration pour nous.

J’en prends à témoin ses dernières paroles avec moi : je lui ai demandé s’il avait des inquiétudes par rapport à son devenir avec Dieu? Il m’a dit que la question méritait réflexion. Puis il m’a dit que rien ne l’inquiétait, car il faisait pleine confiance au Dieu-Amour qui n’est que bonté. Puis il a ajouté : « J’aimerais que tu dises aux gens à mes funérailles que je les ai aimés ... J’ai eu une belle vie avec mon épouse, dis-lui qu’elle demeure pour l’éternité l’amour de ma vie. Elle m’a dit souvent : "Il me semble que je n’ai jamais réussi à faire des choses ordinaires comme les autres." Dis-lui que c’est parce qu’elle les a toujours faits de façon extraordinaire. »

Le prophète Isaïe décrit le Messie en ces termes qui, je crois, pourrait très bien résumer la vie de Marc : « Aimé de Dieu, il fait le bien avec douceur et respect sans briser rien ni personne ». Du haut du ciel, il continue de veiller sur nous. Confions-le à Dieu, mais confions-nous aussi à lui qui vit maintenant auprès de Dieu.

« Il ne faut pas chercher à rajouter des années à sa vie,
mais plutôt essayer de rajouter de la vie à ses années.».
[John Fitzgerald Kennedy]