Imprimer Texte plus gros Texte plus petit

Formation > Étude de la Bible > Dimanche en dimanche > Archives >funérailles d'une femme pleine de bonté

Homélie lors des funérailles d'une femme pleine de bonté

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Jean 2, 13-22

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem. Il trouva installés dans le Temple les marchands de boeufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs boeufs; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes: «Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic.» Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture: L’amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l’interpellèrent: «Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais ici?» Jésus leur répondit «Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai.» Les Juifs lui répliquèrent: «Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais!»
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps. Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Funérailles d'une femme pleine de bonté

photo de Gilles Baril



Devenir un évangile vivant

 

Durant le Moyen Âge, l’imprimerie n’existait pas encore et les gens étaient illettrés. C’est alors que, pour faire saisir la vie de Jésus, on a développé une technique qui joignait le beau, l’agréable et le pratique : on s’est mis à décorer les fenêtres des églises à partir de différents thèmes illustrant la vie de Jésus, de Marie et des saints.

Ces verrières ou vitraux servaient de catéchisme. Souvent, ils étaient conçus par thème (miracles de Jésus, son enfance, sa mort, la vie des premiers chrétiens) et chaque église en comptait plusieurs. Ici, il n’y a pas de verrière ou plutôt, il n’y en a pas dans les fenêtres, mais je crois profondément que notre amie Hélène a fait de sa vie une verrière, c’est-àdire qu’elle a été pour nous un Évangile vivant, une présence de Dieu. Ce vitrail, je le baptiserais : « La bonté de Dieu ».

    Hélène avait la bonté imprimée dans le visage. La bonté se reconnaît dans l’accueil inconditionnel, dans l’élan spontané à excuser les autres plutôt que de les critiquer, dans le désir de toujours chercher le positif dans chaque personne et dans chaque événement.

La bonté rassemble les gens, car elle consiste à s’oublier pour les autres et Hélène était experte en ce domaine : que de fois elle se privait discrètement de manger un mets de sa conception personnelle d’excellente cuisinière pour laisser les autres en reprendre à nouveau. Complètement mangée par la maladie, elle s’oubliait pour donner de l’énergie et de l’espérance à sa famille. C’est ce qu’on vient de constater ces derniers jours. Elle ne se plaignait jamais.

La bonté de Dieu se reflète encore dans son tempérament d’artiste : Hélène avait le sens du beau, de bon goût… le tout marqué par la dignité (dans le mot dignité, nous retrouvons le mot « Dieu »).

Je vous décris les critères de la sainteté des maîtres spirituels contemporains :

    - ne pas se plaindre, n’avoir que de bonnes paroles pour les autres.
    - Trouver le positif dans chaque personne et dans chaque événement
    - Servir par amour et non par devoir

Toutes ces vertus ne sont possibles que si alimentées par une vie intérieure de qualité. Elle a rendu Dieu visible à vos yeux et aujourd’hui, elle vous rend visibles aux yeux de Dieu.

On ne voit bien les richesses d’un vitrail que de l’intérieur (de l’extérieur il a l’aspect d’un squelette). Ainsi pour identifier nos richesses personnelles, il faut fermer nos yeux et écouter notre coeur. Par contre, la nuit on le voit mieux de l’extérieur. Quand les émotions sont trop fortes et que la raison ne peut plus vraiment agir, on ne voit plus les richesses intérieures qui nous habitent. Il faut écouter les témoignages des autres : voilà ce qui se voit mieux de l’extérieur dans la nuit. Voilà où nous en sommes présentement. Alors, laissons entrer la lumière dans notre coeur.

Vous avez raison d’être fier d’elle. Son vitrail : un beau vitrail ensoleillé. Pour bien le voir : prendre un recul et relever la tête. Voilà notre raison d’être ici aujourd’hui : pour saisir l’ensemble de la vie d’Hélène. Elle a vécu sa vie, non en rivale, mais en partenaire qui savait établir des complicités. C’est dans cet esprit qu’elle est partie vers Dieu. Saint Grégoire disait : « Si tu vas chez Dieu, organise-toi pour ne pas y arriver seul. Amène avec toi ceux que ton coeur aime ». Hélène nous amène avec elle chez Dieu. Grâce à elle, puissions-nous mieux expérimenter le mystère de Dieu dans chacune de nos vies.

On ne voit bien les richesses d’un vitrail que de l’intérieur