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Réflexion sur l'évangile du 30e dimanche ordinaire, C

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Lc 18, 9-14

Jésus dit une parabole pour certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient tous les autres :

«Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien et l’autre, publicain. 

« Le pharisien se tenait là et priait en lui-même: <Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes: voleurs, injustes, adultères, ou en­core comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.> 

 «Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: <Mon Dieu, prends pitié du pécheur que je suis!> 

«Quand ce dernier rentra chez lui, c’est lui, je vous le déclare, qui était devenu juste, et non pas l’autre. Qui s'élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé.»

 

30e dimanche ordinaire - C

photo de Gilles Baril


Et si j'étais le pharisien

L’évangile commence en disant : « Voici une parabole pour ceux qui sont convaincus d’être juste, mais qui méprise les autres » Jésus n’a rien contre qui que ce soit, mais il déplore la mauvaise habitude de se comparer aux autres pour se valoriser en les méprisant. D’ailleurs quand on est rendu à se juger et à juger les autres à partir du « paraître », c’est que l’être intérieur est en souffrance profonde.

pharisien et publicainUn jour, j’arrive à l’église par en arrière et j’aperçois un riche industriel de la ville et une pauvre dame très édifiante par ses multiples engagements au service de la communauté. Je me dis : « Tiens voilà que j’ai sous les yeux la parabole du pharisien et du publicain ». Je m’assois derrière eux et j’observe la scène.

Après quelques minutes, l’industriel quitte son banc et il m’aperçoit. Il vient vers moi, les larmes aux yeux et il me dit : « Je suis venu chercher du courage, car aujourd’hui, je dois mettre au chômage quelques employés et je sais que ça ne sera pas facile pour eux. Je les ai gardés au travail aussi longtemps que j’ai pu, mais le contexte économique ne me permet plus de les garder… » C’est alors que j’ai pris conscience que le pharisien dans l’église à ce moment-là, c’était moi qui m’étais permis de juger les autres, …

On a tous des zones de pharisien en chacun de nous : à nous de nous corriger nous-mêmes. Le problème du pharisien n’est pas d’être bon et de s’efforcer de poser des gestes édifiants pour les autres. Son problème commence quand il se permet de juger la faiblesse des autres. On n’a pas beaucoup de foi en Dieu et en nous-mêmes quand on se justifie par nos oeuvres. Quand on est fort, de la force de l’Esprit-Saint, on comprend et on supporte les plus faibles. On gagne toujours à faire du bien aux autres sans les juger et sans rien attendre en retour.

Le pharisien se compare aux autres pour se justifier tandis que le publicain se compare à Dieu… ce qui nous entraine forcément vers l’humilité. Devant la grandeur de Dieu, on est confronté à nos limites et à nos fragilités. Il n’est pas question de se penser meilleur qu’un autre. Mais en même temps, en se comparant à Dieu, on découvre l’immense bonté de Dieu qui nous accueille tel que nous sommes sans nous juger sur nos mérites… ce qui sème en nous un coeur de compassion et de miséricorde.

Je suis pauvre et faible, mais je sais que tu m’accueilles tel que je suis

La prière du publicain consiste à dire à Dieu : « Je suis pauvre et faible, mais je sais que tu m’accueilles tel que je suis. Je sais que tu m’aimes sans condition et que je peux toujours compter sur toi pour m’aider à me relever lorsque je tombe… Je sais par expérience que tu n’aimes pas le péché, mais que tu accueilles toujours le pécheur. Mets sur ma route les gens dont j’ai besoin pour grandir dans mon coeur : mets sur ma route des gens qui sauront m’édifier par leur agir sincère et honnête en ta présence, mais mets aussi sur ma route des gens qui ont besoin de moi pour sortir de leurs misères, car je suis conscient qu’en les aidant, je peux développer de nouvelles sources en moi. Aide-moi à oublier mes faiblesses en me centrant sur l’aide à apporter à d’autres en ton nom. Aide-moi à me libérer de mon égo pour servir en ta Présence. Fais que je puisse trouver mon bonheur en travaillant au bonheur des gens qui m’entourent chaque jour.

La parabole de Jésus s’adresse à nous qui croyons être meilleurs que les autres et qui avons tendance à mépriser ceux et celles qui n’ont pas les mêmes valeurs religieuses, politiques et sociales que nous.