Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager: « Il y avait dans une ville un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes. Dans cette même ville, il y avait une veuve qui venait lui demander: <Rends-moi justice contre mon adversaire.> Longtemps il refusa; puis il se dit: <Je ne respecte pas Dieu, et je me moque des hommes, mais cette femme commence à m'ennuyer: je vais lui rendre justice pour qu’elle ne vienne plus sans cesse me casser la tête.> »
Le Seigneur ajouta: « Écoutez bien ce que dit ce juge sans justice! Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient vers lui jour et nuit? Est-ce qu’il les fait attendre? Je vous le déclare: sans tarder, il leur fera justice. Mais le Fils de l’homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre?

« Le Fils de l’homme, quand il reviendra, trouvera-t-il la foi sur terre? »
Question fondamentale… Notons qu’il existe différentes sortes de foi :
- la foi de ceux qui ne font rien et qui se donnent des prétextes :
- la foi de ceux qui jugent les autres :
- la foi du paraître :
- la foi du « au cas où » :
- la foi du quémandeux ou du général :
- la foi du chercheur de signes :
- la foi des spectacles de variétés comme les cartomanciennes et les diseuses de bonne aventure par les cartes ou la boule de cristal… Voilà des petits tours d’adresse qui n’élèvent pas l’esprit au-delà du matériel… ce qui finit par chosifier le spirituel.
Ces sortes de foi ne mènent pas loin… La foi que Jésus recherche est persévérance malgré les obstacles. Elle est confiance inébranlable en Dieu. Elle consiste à dire ; « Que ta volonté soit faite. » Ou encore : « non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». Ce genre de foi est une invitation à ne pas donner que son superflu à Dieu et aux autres. Elle fait de nous des gens qui laissent passer la Lumière comme disait un enfant qui venait de visiter une église avec des vitraux qui présentaient la vie de quelques saints sous un soleil éblouissant.
Voyons en ce sens deux témoins de notre Église du Québec qui nous invite à laisser passer la Lumière par nos vies :
Mère Marguerite d’YouvilleElle marie un homme égoïste, volage, qui fait la traite des
esclaves et le trafic des fourrures et de l’alcool… et qui la
laisse veuve après huit ans de mariage avec une mauvaise
réputation et de multiples dettes.
Marguerite loue une maison à Montréal et s’associe à
d’autres femmes dans le besoin pour s’entraider à survivre
par une vie en commun grâce à divers travaux d’artisanat…
Toujours à la veille de manquer de tout, elles ne manquent
jamais de l’essentiel. Mgr Bourget finit par les inviter à
accueillir des pauvres, ce qu’elles font de bon coeur… et ce
qui deviendra une communauté nouvelle… qui sera
nommée : Les Soeurs Grises, parce qu’on pense que
Marguerite les fait boire, car il semble à tous qu’il est
impossible d’être aussi épanoui avec si peu. On dit partout :
« Allez chez les Soeurs Grises, elles ne refusent jamais
d’aider les autres »
Elles accueillent les enfants abandonnés, les malades et les
pauvres, les prisonniers de guerre, … Elles prennent en
charge l’hôpital général en ruine de Montréal. Tout ce qui
peut faire du bien aux autres, elles acceptent de s’en rendre
responsables.
Orphelin, sans instruction, sans santé, on l’accueille par charité parce qu’il est pieux. Il dira : « On m’a mis à la porte et j’y suis resté toute ma vie. » Homme d’une grande simplicité et d’un accueil exceptionnel, il a fait beaucoup de bien par son écoute et son empathie. En voyant un malade, il disait spontanément : « Vous allez guérir parce que vous ne pouvez pas porter dignement cette épreuve que Dieu vous a donnée » ou bien « Vous ne guérirez pas, car Dieu vous a choisi pour être un signe réel de sa présence pour notre monde actuel. »
J’ose raconter maintenant une histoire qui va dans le même sens et qui rappelle ce que Dieu souhaite d’une personne engagée à son service :
Source des photos: Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.; Vitrail main tendue vers le Seigneur, couverture du livre de R.Gauthier: Prier les psaumes avec le Christ.