Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Jésus disait à ses disciples: «Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu'il soit déjà allumé! Je dois recevoir un baptême, et comme il m'en coûte d'attendre qu'il soit accompli!
«Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées: trois contre deux et deux contre trois; ils se diviseront: le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle‑mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère

L’évangile que nous venons d’entendre nous invite à être un feu divin sur terre au risque même de créer parfois de la division. Il ne faudrait tout de même pas profiter de ce passage biblique pour justifier nos chicanes de famille ou de voisinage.
Pourquoi Jésus parle de divisions : parce qu’il sait qu’il y aura persécution des chrétiens et obligation de dénoncer les chrétiens même si ceux-ci sont de notre propre famille. (Luc insiste là-dessus parce qu’au moment où il rédige son évangile, cette réalité se vit depuis déjà 40 ans).
Le plus important à mes yeux est cette phrase : « Je suis venu apporter un feu sur terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! » Le feu réchauffe, éclaire, rassemble. Le feu ne s’apporte rien à lui-même. Il est là pour les autres. Telle est la mission des chrétiens.
Mais comme dit un dicton : « Qui ne rassemble pas disperse ». Qu’est-ce qui nous empêche d’être rassembleurs? Plusieurs éléments. J’en retiens deux :
Une vieille femme avait observé avec une précision scientifique comment son coq se mettait à chanter chaque matin juste avant que le soleil se lève et elle en arriva à la conclusion que le chant de son coq provoquait le lever du soleil.
Aussi, quand son coq mourut subitement, elle se hâta de le remplacer par un autre, de peur que le soleil ne se lève pas le lendemain matin.
Un jour, elle se brouilla avec ses voisins et décida de déménager.
Lorsque son coq se mit à chanter le lendemain matin et que, un peu plus tard, le soleil commença de poindre à l’horizon, elle eut la preuve de ce qu’elle avait toujours cru : le soleil se levait maintenant ici et son village était dans l’obscurité. Tant pis : ils l’avaient bien mérité!
Elle s’étonna for, tout de même, que ses voisins d’autrefois ne soient pas venus lui demander de retourner au village avec son coq. Elle mit cela sur le compte de leur entêtement et de leur stupidité.
Un éléphant s’échappa de son troupeau et s’engagea sur une petite structure de bois qui enjambait un ravin. Le pont vétuste trembla et gémit, à peine capable de supporter le poids de l’animal.
Une fois parvenue en toute sécurité de l’autre côté, une mouche qui s’était logée dans une des oreilles de l’éléphant s’exclama avec une immense satisfaction :
« Mes aïeux! Ce que nous avons ébranlé ce pont toi et moi ensemble ».
Qu’est-ce qui provoque encore de la division?
- se mettre en compétition les uns avec les autres
- ne pas prendre le temps de s’écouter vraiment
- ne pas accepter de se remettre en questions sur nos habitudes de vies :
Quand on fait un feu de camp, on se sert de vieilles
branches et de bois sec. On n’utilise pas les chaises de la
salle à dîner, ni les bancs de l’église. Ainsi Dieu nous
transforme et nous libère de nos fragilités et de nos
blessures pour nous construire…
et se laisser construire par
Dieu est le meilleur moyen pour rayonner sa Présence et
pour faire de nous ces témoins au coeur de feu dont notre
monde a besoin.