Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus: «Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.» Jésus lui répondit: «Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages?» Puis, s'adressant à la foule: «Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses.»
Et il leur dit cette parabole: «Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait: <Que vais-je faire? je ne sais pas où mettre ma récolte.> Puis il se dit: <Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même: Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.>
«Mais Dieu lui dit: <Tu es fou: cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura?> Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu.»

« Être riche en vue de Dieu » : voilà en terme clair et bref le message de l’évangile de ce jour.
« Être riche en vue de Dieu » : qu’est-ce à dire?
J’ai vécu récemment ma 1000e célébration de funérailles depuis que je suis curé de Coaticook. Je me suis arrêté pour essayer de cueillir ce que les gens retiennent de leurs proches lorsqu’ils décèdent. Pour cela, j’ai relu différents témoignages que les familles m’ont remis puis des homélies de funérailles que j’ai prononcées au contact des familles en deuil.
Il me semble trouver dans ces réflexions des moyens garantis pour être riches en vue de Dieu :
- apprendre à aimer ce qu’on fait pour finir par
toujours faire ce qu’on aime
- vivre le slogan qui dit : « Les personnes d’abord ».
- Faire passer le bien des personnes avant les principes rigoureux souvent établis pour s’autoprotéger.
- Notre pire ennemi : la peur : la peur
d’être mal perçu, peur de ne pas être aimé, peur d’être rejeté par les autres. Le curé d’Ars enseignait qu’un secret du bonheur consiste à « mettre
beaucoup d’amour du Bon Dieu dans tout ce qu’on dit et dans tout ce qu’on fait ».
Alors voilà tout un programme de vie qui nous est proposé. Qui oublie Dieu devient suffisant et égoïste nous dit l’évangile, et à coup sûr, il risque de se trouver isolé, désabusé et déçu de la vie.
Qui vit en fonction de Dieu prend conscience que Dieu nous désinstalle souvent pour nous faire grandir de l’intérieur, mais on devient capable d’émerveillement, de gratuité et de respect pour chaque personne.
Puissions-nous nous aider les uns les autres à devenir riches en vue de Dieu en goûtant au contact les uns des autres un amour plus grand que nous-mêmes, un amour jailli du coeur de Dieu, un amour qui nous rassasie de joie.