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Réflexion sur l'évangile du 18e dimanche ordinaire, C

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Lc 12, 13-21

Du milieu de la foule, un homme demanda à Jésus: «Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.» Jésus lui répondit: «Qui m'a établi pour être votre juge ou pour faire vos partages?» Puis, s'adressant à la foule: «Gardez-vous bien de toute âpreté au gain; car la vie d'un homme, fût-il dans l'abondance, ne dépend pas de ses richesses.» 

Et il leur dit cette parabole: «Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait: <Que vais-je faire? je ne sais pas où mettre ma récolte.> Puis il se dit: <Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j'en construirai de plus grands et j'y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même: Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l'existence.> 

«Mais Dieu lui dit: <Tu es fou: cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l'aura?> Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d'être riche en vue de Dieu.»

 

18e dimanche ordinaire - C

photo de Gilles Baril


Être riche en vue de Dieu

 

« Être riche en vue de Dieu » : voilà en terme clair et bref le message de l’évangile de ce jour.

« Être riche en vue de Dieu » : qu’est-ce à dire?

J’ai vécu récemment ma 1000e célébration de funérailles depuis que je suis curé de Coaticook. Je me suis arrêté pour essayer de cueillir ce que les gens retiennent de leurs proches lorsqu’ils décèdent. Pour cela, j’ai relu différents témoignages que les familles m’ont remis puis des homélies de funérailles que j’ai prononcées au contact des familles en deuil.

Il me semble trouver dans ces réflexions des moyens garantis pour être riches en vue de Dieu :

  • Vaincre son orgueil ou plutôt apprendre la grandeur d’âme de l’humilité ce qui demande de vivre dans la vérité, d’accepter les événements tels qu’ils sont sans vouloir les idéaliser. Ne pas laisser des murs d’incompréhension s’ériger entre nous.

  • Prendre la route de la solidarité ce qui suppose un grand respect des personnes dans nos paroles :
    - Absence de critiques et de plaintes
    - Excuser au lieu d’accuser
    - Se taire plutôt que de dire des paroles blessantes
    « qui ne procurent aucun profit à ceux qui les méritent et qui ne font que blesser ceux qui les entendent ». (Jean Bosco)
    Ce n’est pas la manière dont on parle de Dieu qui témoigne de la grandeur de notre foi, mais plutôt la manière dont on parle des autres.

  • Apprendre à servir par amour est non par unique sens du devoir (ce qui ne s’apprend que par la prière enseignait François d’Assise)

      - apprendre à aimer ce qu’on fait pour finir par
      toujours faire ce qu’on aime
      - vivre le slogan qui dit : « Les personnes d’abord ».
      - Faire passer le bien des personnes avant les principes rigoureux souvent établis pour s’autoprotéger.
      - Notre pire ennemi : la peur : la peur d’être mal perçu, peur de ne pas être aimé, peur d’être rejeté par les autres. Le curé d’Ars enseignait qu’un secret du bonheur consiste à « mettre beaucoup d’amour du Bon Dieu dans tout ce qu’on dit et dans tout ce qu’on fait ».

  • En ouvrant notre coeur aux besoins des autres, c’est ainsi que nous devenons riches aux yeux de Dieu! 
  • Demeurer témoin de la joie de vivre - trouver le positif de chaque événement
    - identifier les forces intérieures de chaque personne et les aider à les faire grandir en eux
    - s’appliquer à demeurer de bonne humeur : le plus beau témoignage est celui de l’amitié et de la bonne humeur qui sécurise les gens en quête de sens autour de nous.
    - Savoir comme une certitude que le meilleur est toujours en avant de nous : « Dieu a toujours plus à nous donner que ce que nous avons à lui offrir.

  • Être de la bonne odeur du Christ
    - c’est vivre de manière à ce que ceux qui nous connaissent et ne connaissent pas Dieu en viennent à Le connaître parce qu’ils nous connaissent.
    - C’est mettre une âme dans le quotidien par notre capacité de nous émerveiller de tout ce qui se vit autour de nous. L’amour est d’abord émerveillement, car je ne peux pas aimer ce que je ne trouve pas beau et édifiant.

Alors voilà tout un programme de vie qui nous est proposé. Qui oublie Dieu devient suffisant et égoïste nous dit l’évangile, et à coup sûr, il risque de se trouver isolé, désabusé et déçu de la vie.

Qui vit en fonction de Dieu prend conscience que Dieu nous désinstalle souvent pour nous faire grandir de l’intérieur, mais on devient capable d’émerveillement, de gratuité et de respect pour chaque personne.

Puissions-nous nous aider les uns les autres à devenir riches en vue de Dieu en goûtant au contact les uns des autres un amour plus grand que nous-mêmes, un amour jailli du coeur de Dieu, un amour qui nous rassasie de joie.

En ouvrant notre coeur aux besoins des autres, c’est ainsi que nous devenons riches aux yeux de Dieu!