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Réflexion sur l'évangile du 13e dimanche ordinaire, C

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada

 


 

 

Lc 9, 51-62

Comme le temps approchait où Jésus allait être enlevé de ce monde, il prit avec courage la route de Jérusalem. Il envoya des messagers devant lui; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu'il se dirigeait vers Jérusalem.

Devant ce refus, les disciples Jacques et Jean intervinrent: «Seigneur, veux-tu que nous ordonnions que le feu tombe du ciel pour les détruire?» Mais Jésus se retourna et les interpella vivement. Et ils partirent pour un autre village. 

En cours de route, un homme dit à Jésus: «Je te suivrai partout où tu iras.» Jésus lui déclara: «Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids; mais le Fils de l'homme n'a pas d'endroit où reposer la tête.» 

Il dit à un autre: «Suis-moi.» L'homme répondit: «Permets-moi d'aller d'abord enterrer mon père.» Mais Jésus répliqua: «Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, va annoncer le règne de Dieu.» 

Un autre encore lui dit: «Je te suivrai, Seigneur; mais laisse-moi d'abord faire mes adieux aux gens de ma maison.» Jésus lui répondit: «Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n'est pas fait pour le royau­me de Dieu.»

 

13e dimanche ordinaire - C

photo de Gilles Baril


L'oeuvre de Dieu

 

La question que je retiens suite à la lecture de l’évangile d’aujourd’hui est : « Que devons-nous faire pour travailler à l’oeuvre de Dieu? »

J’ose un premier élément de réponse à cette question avec une anecdote tirée d’un enfant qui s’est caché et qui semble ravi que tous le cherchent. Le téléphone sonne :

    - Ton père est-il là?
    - Oui, mais il est occupé
    - Ta mère est-elle là?
    - Oui, mais elle est occupé avec mon père
    - Ta grande soeur est-elle là?
    - Elle est occupée elle aussi
    - Mais qu’est-ce qui se passe chez vous?
    - Je me suis caché et tout le monde me cherche parce qu’ils croient que je me suis enfui et que je suis perdu.
    - Etc.

Que devons-nous faire pour travailler à l’oeuvre de Dieu? D’abord, le chercher, le désirer, vouloir lui laisser un espace réel dans notre quotidien. Puis Jésus ajoute : « Le fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête »… C’est-à-dire, avoir une foi inébranlable en Dieu même si parfois on marche dans l’inconnu. Se laisser remettre en questions en sachant que Dieu ne planifie pas toujours nos chemins vers le véritable bonheur comme on l’aurait nous-mêmes imaginé.

coeur « Laisse les morts enterrer leurs morts « : il y a ici une invitation à regarder en avant. Faire oeuvre de Dieu ne consiste pas qu’à répéter les expériences heureuses du passé. D’ailleurs notre mémoire enjolive souvent le passé en l’idéalisant. Il faut faire preuve d’imagination et de créativité pour adapter l’évangile à la culture contemporaine. Il faut aussi beaucoup écouter ce que vivent les gens autour de nous si on veut demeurer un témoin signifiant pour eux d’un Dieu toujours à l’oeuvre dans les réalités d’aujourd’hui… ce qui fait de nous des semeurs d’espérance… particulièrement auprès de ceux qui en arrachent avec leur bonheur.

Le véritable travail pour Dieu se vit dans la simplicité et le respect de chaque personne.

Puis Jésus ajoute : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le royaume de Dieu ». Travailler à l’oeuvre de Dieu n’est pas qu’une question de sensations émotionnelles. Ça prend plus que du temps partiel. Ne pas se laisser prendre au piège des « Qu’est-ce qui vont dire? ». La charité exige du don de soi chaque minute. Par contre, il faut ici éviter le piège qui fait croire que travailler pour Dieu rend triste, inquiet et solitaire. Travailler pour Dieu est plutôt le contraire : qui fait oeuvre d’Église vit en solidarité avec d’autres chrétiens. Le véritable travail pour Dieu se vit dans la simplicité et le respect de chaque personne. Aimer, respecter les autres, se sentir aimé et respecté ne peut que créer cette joie profonde qui devient rayonnante et sécurisante tout en donnant à d’autres le désir profond de venir puiser à la même source du bonheur qui nous anime au quotidien.

Je disais tantôt que travailler à l’oeuvre de Dieu est une question de temps plein, que Dieu demande plus que du temps partiel, mais le contexte dans lequel nous sommes engagés est tellement agréable que toutes personnes qui travaillent vraiment pour Dieu n’ont pas l’impression d’être en situation de travail tellement leurs vies sont des oasis de bonheur perpétuel. Bienvenue dans le club.

Quelle croix devrai-je porter par amour cette semaine?