Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
«Jésus avait dit aux Juifs: «Je suis le Bon Pasteur (le vrai berger).» Il leur dit encore: «Mes brebis écoutent ma voix; moi je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle: jamais elles ne périront, personne ne les arrachera de ma main.
«Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut rien arracher de la main du Père. Le Père et moi, nous sommes UN.»

Dans une époque lointaine, où l’électricité n’existait pas encore, un roi trouvait injuste de donner la succession de son trône à son aîné en vertu de son droit d’aînesse. Il lança donc un défi à ses deux fils « Celui qui saura le mieux faire preuve de créativité pour remplir le temple de haut en bas deviendra l’héritier du trône ».
L’aîné s’empressa d’établir des complicités avec l’ensemble des fermiers du pays et ils remplirent le temps de foin à sa pleine capacité.
Quant au cadet, il disparut au hasard des chemins et on resta sans nouvelles de lui jusqu’à l’heure limite qu’avait fixée le père pour relever le défi. Et voilà qu’à la dernière heure, il arrive avec une petite boîte bien curieuse. Puis il invite son père et son frère à venir avec lui au temple.
Perplexes, ceux-ci se rendirent au temple convaincu de
l’échec du cadet. Ce dernier ouvrit sa boîte et avec l’aide du
feu, il fit scintiller la lumière partout dans le temple. Par un
recoin ne resta dans l’ombre. Le temple resplendissait
comme on ne l’avait encore jamais vu. L’impression de
beauté qui s’en dégageait était d’une merveille sans égale. Et
l’histoire raconte que c’est lui qui hérita du trône et de la
fortune de son père, laquelle toutefois, en bon apôtre, il sut
partager avec son frère aîné.
Voilà que cette histoire nous précise le but de toutes
vocations chrétiennes :
« Faire jaillir la Lumière ». Il revient
à tout baptisé de permettre à chaque personne de trouver sa
place au Soleil. En vertu de notre baptême, nous avons tous
la mission de semer la joie autour de nous.
Notre vocation est un appel de Dieu à le rendre visible par notre agir. Ceci se traduit dans différents états de vie. Que nous soyons prêtre, religieux, religieuse, contemplatif ou missionnaire, que nous soyons agente de pastorale, diacre permanent ou simple laïc nous avons tous un même appel : répondre aux besoins de notre humanité, actualiser la présence du Christ dans les misères de notre temps.
Le défi est grand, mais il est viable si nous savons prendre les personnes et les situations une à la fois et surtout si nous savons faire preuve de solidarité avec les gens autour de nous.
Au cours de notre vie, sur notre route, nous rencontrons des milliers d’hommes et de femmes. La question n’est pas de savoir qu’est-ce que nous voyons avec les yeux de la chair, mais ce que nous reconnaissons avec les yeux de la foi et les yeux du coeur. Là se vit l’essentiel. « L’Esprit du Seigneur m’envoie… » IL nous envoie proclamer la Bonne Nouvelle du salut non pas à tous en général, mais à chaque personne une à la fois.
Acceptes-tu cette vocation? D’aller et de dire à chaque personne que Dieu l’aime sans condition. Ce discours ne se dit que dans notre manière d’aimer cette personne à qui on veut faire saisir l’amour de Dieu. C’est le chemin de la Résurrection des coeurs… et le reste viendra par surcroît.
Chose certaine. Ne permettons pas qu’il se passe un seul jour dans notre vie où le regret nous hantera le coeur en nous répétant sans cesse « J’aurais donc dû prendre le temps de l’écouter. » L’esprit du Seigneur nous envoie mettre sa lumière dans le coeur de chaque personne. Es-tu prêt à répondre à cette invitation? Simplement pour ta joie et la joie de Dieu.