Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Après avoir ainsi parlé, Jésus sortit avec ses disciples et traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus y avait souvent réuni ses disciples. Judas prit donc avec lui un détachement de soldats, et des gardes envoyés par les chefs des prêtres et les pharisiens. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes. Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C'est moi. » Judas, qui le livrait, était au milieu d'eux. Quand Jésus leur répondit : « C'est moi », ils reculèrent, et ils tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : « Qui cherchez-vous ? » Ils dirent : « Jésus le Nazaréen. » Jésus répondit : « Je vous l'ai dit : c'est moi. Si c'est bien moi que vous cherchez, ceux-là, laissez-les partir. » (Ainsi s'accomplissait la parole qu'il avait dite : « Je n'ai perdu aucun de ceux que tu m'as donnés ».) Alors Simon-Pierre, qui avait une épée, la tira du fourreau ; il frappa le serviteur du grand prêtre et lui coupa l'oreille droite. Le nom de ce serviteur était Malcus. Jésus dit à Pierre : « Remets ton épée au fourreau. Est-ce que je vais refuser la coupe que le Père m'a donnée à boire ? » Alors les soldats, le commandant et les gardes juifs se saisissent de Jésus et l'enchaînent. Ils l'emmenèrent d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe, le grand prêtre de cette année-là. (C'est Caïphe qui avait donné aux Juifs cet avis : « Il vaut mieux qu'un seul homme meure pour tout le peuple. ») Simon-Pierre et un autre disciple suivaient Jésus. Comme ce disciple était connu du grand prêtre, il entra avec Jésus dans la cour de la maison du grand prêtre, mais Pierre était resté dehors, près de la porte. Alors l'autre disciple - celui qui était connu du grand prêtre - sortit, dit un mot à la jeune servante qui gardait la porte, et fit entrer Pierre. La servante dit alors à Pierre : « N'es-tu pas, toi aussi, un des disciples de cet homme-là ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Les serviteurs et les gardes étaient là ; comme il faisait froid, ils avaient allumé un feu pour se réchauffer. Pierre était avec eux, et se chauffait lui aussi. Or, le grand prêtre questionnait Jésus sur ses disciples et sur sa doctrine. Jésus lui répondit : « J'ai parlé au monde ouvertement. J'ai toujours enseigné dans les synagogues et dans le Temple, là où tous les Juifs se réunissent, et je n'ai jamais parlé en cachette. Pourquoi me questionnes-tu ? Ce que j'ai dit, demande-le à ceux qui sont venus m'entendre. Eux savent ce que j'ai dit. » A cette réponse, un des gardes, qui était à côté de Jésus, lui donna une gifle en disant : « C'est ainsi que tu réponds au grand prêtre ! » Jésus lui répliqua : « Si j'ai mal parlé, montre ce que j'ai dit de mal ; mais si j'ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Anne l'envoya, toujours enchaîné, au grand prêtre Caïphe. Simon-Pierre était donc en train de se chauffer ; on lui dit : « N'es-tu pas un de ses disciples, toi aussi ? » Il répondit : « Non, je n'en suis pas ! » Un des serviteurs du grand prêtre, parent de celui à qui Pierre avait coupé l'oreille, insista : « Est-ce que je ne t'ai pas vu moi-même dans le jardin avec lui ? » Encore une fois, Pierre nia. A l'instant le coq chanta . Alors on emmène Jésus de chez Caïphe au palais du gouverneur. C'était le matin. Les Juifs n'entrèrent pas eux-mêmes dans le palais, car ils voulaient éviter une souillure qui les aurait empêchés de manger l'agneau pascal. Pilate vint au dehors pour leur parler : « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? » Ils lui répondirent : « S'il ne s'agissait pas d'un malfaiteur, nous ne te l'aurions pas livré. » Pilate leur dit : « Reprenez-le, et vous le jugerez vous-mêmes suivant votre loi. » Les Juifs lui dirent : « Nous n'avons pas le droit de mettre quelqu'un à mort. » Ainsi s'accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir. Alors Pilate rentra dans son palais, appela Jésus et lui dit : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus lui demanda : « Dis-tu cela de toi-même, ou bien parce que d'autres te l'ont dit ? Pilate répondit : « Est-ce que je suis Juif, moi ? Ta nation et les chefs des prêtres t'ont livré à moi : qu'as-tu donc fait ? » Jésus déclara : « Ma royauté ne vient pas de ce monde ; si ma royauté venait de ce monde, j'aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. Non, ma royauté ne vient pas d'ici. » Pilate lui dit : « Alors, tu es roi ? » Jésus répondit : « C'est toi qui dis que je suis roi. Je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Pilate lui dit : « Qu'est-ce que la vérité ? »Après cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais c'est la coutume chez vous que je relâche quelqu'un pour la Pâque : voulez-vous que je vous relâche le roi des Juifs ? » Mais ils se mirent à crier : « Pas lui ! Barabbas ! » (Ce Barabbas était un bandit.)

Imaginons deux prisonniers dans un camp de concentration. L’un des deux, c’est toi qui as tenté de fuir, en sachant que cela entraînerait la peine de mort de l’autre. Ton compagnon est inculpé, à ta place, en ta présence, et il se tait; il est torturé en ta présence, et il se tait. Tandis qu’on l’amène enfin au lieu de l’exécution, un instant seulement, il se retourne et te regarde en silence, sans l’ombre d’un reproche. Revenu chez toi, pourras-tu jamais être comme avant? Pourras-tu jamais oublier ce regard? Citons le psaume que dit : « Comment te rendrais-je Seigneur tout le bien que tu m’as fait? » (Psaume 115 : 3)
On raconte que dans un petit village, les gens cachaient un jeune juif fort sympathique que tous aimaient. Les soldats nazis viennent rencontrer le curé et ils lui dirent : « On vous donne 24 heures pour nous livrer cet homme, sinon on brûle tout le village ». Le curé se rappelle la phrase biblique : « Mieux vaut qu’un seul meure pour le salut de tout le peuple ». (Jn 11 : 50) Il demande qu’on lui amène le jeune juif que lui-même n’a jamais rencontré… puis il le livre aux Allemands. Au lieu de la reconnaissance et de la joie qu’il s’attendait à recevoir de ses paroissiens, il ne perçoit qu’une profonde déception et de la tristesse. Un ami paroissien finit par lui dire : « Si tu l’avais regardé dans les yeux, tu ne l’aurais jamais laissé partir vers les camps de concentration… »
Jésus a toujours pris le temps de s’arrêter à chaque personne
et de le regarder dans les yeux pour discerner ce qui habite
le coeur de chacun… Et cela jusqu’à sa mort. Même en
mourant, il se soucie de l’avenir de Marie, sa mère, une
pauvre veuve sans enfants, qu’il confie à l’apôtre Jean. Il
accueille sans juger la demande du bon larron puis il
pardonne à ses bourreaux : « Père, pardonne-lui… »
La croix, signe de calamité, mort réservé aux criminels et aux esclaves devient une invitation à faire plus de nos vies en allant chercher nos forces de dépassement dans le coeur même de Dieu.
Devant une injustice dont nous sommes victimes, il y a trois réactions possibles :
Alors, prenons le temps dans les prochaines heures de regarder le Christ, de découvrir ses motivations intérieures pour continuer de rendre le bien pour le mal, de saisir qu’il y a plus de joie à donner qu’à recevoir… Prenons le temps de réaliser que la mort n’est pas le dernier mot de Dieu et qu’il nous attend au pays de la Résurrection, et pour cela offrons-lui ce qui nous fait mourir pour qu’Il le transforme en source de grâce pour nous-mêmes et pour ceux que notre coeur aime.
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Source du dessin: Le Blogue Sel + Lumière