Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer, Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu, se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ; puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture. Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? » Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. » Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ? Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Un nouveau converti rencontre un ancien chum de bar et ce dernier veut le ridiculiser. Il lui demande :
À vous qui êtes ici ce soir et qui fréquentez le Christ depuis longtemps en Église, j’ai la tentation de vous demander quels sont les quatre gestes posés par Jésus qui prouve qu’il est vraiment le Fils de Dieu?
Carlo SARRABEZOLLES
Sculpteur Né à Toulouse en 1888
Mort à Paris en 1971
1- Il a changé l’eau en vin aux noces de Cana.
2- Il a nourri 5000 personnes avec cinq pains et deux
poissons.
3- Il a marché sur les eaux du lac de Tibériade.
4- Il a apaisé la tempête sur la mer.
À l’époque de Jésus, on croyait que la mer déchaînée était le symbole par excellence des forces du Mal. Quand Jésus marche sur les eaux et qu’il calme la tempête, il prouve qu’il a pouvoir le contrôler les forces du Mal, qu’il est plus puissant que le diable.
Changer l’eau en vin et nourrir la foule avec cinq pains nous amène à l’eucharistie où Jésus change le pain en son corps et le vin en son sang. Rappelons-le : le pain et le vin sont la nourriture la plus accessible à la survie humaine pour tous les budgets. Ici, le vin est souvent réservé pour les repas de fête, mais en Israël, où l’eau potable est une denrée rare, le vin est le plus facile à se procurer pour apaiser la soif.
Quand j’étais enfant, mon père donnait congé de préparation de déjeuner à ma mère le samedi matin puis il nous faisait des crêpes, c’était tout un festin. Il nous répétait souvent : « Les gars, n’oubliez jamais que mes crêpes sont les meilleures au monde ». En vieillissant, il m’est arrivé d’aller manger chez des amis puis j’ai découvert les restaurants de crêpes bretonnes. Je me suis aperçu que les crêpes de mon père n’étaient pas si bonnes que ça. Pas question de le lui dire pour ne pas le blesser…
Un jour, il nous a dit : « Je le sais que mes crêpes ne sont pas les meilleures du monde, mais je suis convaincu que vous pensez à moi chaque fois que vous voyez des crêpes ». Et mes frères et moi de lui donner raison. Alors pourquoi Jésus utilise le pain et le vin du quotidien? Pour que nous pensions à lui chaque jour. Pour que nous trouvions en lui les forces de nos dépassements quotidiens.
Célébrer l’eucharistie, c’est se nourrir du Christ pour devenir une nourriture de Dieu au coeur de nos réalités les plus ordinaires de nos journées. Et Jésus ajoute en ce soir du jeudi saint que les actes les plus méritoires de nos vies, ce sont ceux que nous vivons dans l’humilité et le service des autres : voilà le beau geste du lavement des pieds (fonction d’accueil attribuée au serviteur de la maison) que nous vivrons maintenant selon les rites essentiels de la liturgie du jeudi saint.