Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
"Alors il se mit à leur dire : *Aujourd'hui s'accomplit à vos oreilles ce passage de l'Écriture.+ Et tous lui rendaient témoignage et étaient en admiration devant les paroles pleines de grâce qui sortaient de sa bouche. Et ils disaient : «N'est-il pas le fils de Joseph, celui-là?» Et il leur dit : «À coup sûr, vous allez me citer ce dicton : Médecin, guéris toi toi- même. Tout ce qu'on nous a dit être arrivé à Capharnaüm, fais-le de même ici dans ta patrie.» Et il dit : «En vérité, je vous le dis, aucun prophète n'est bien reçu dans sa patrie. Assurément, je vous le dis, il y avait beaucoup de veuves en Israël aux jours d'Élie, lorsque le ciel fut fermé pour trois ans et six mois, quand survint une grande famine sur tout le pays; et ce n'est à aucune d'elles que fut envoyé Élie, mais bien à une veuve de Sarepta, au pays de Sidon. Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée; et aucun d'eux ne fut purifié, mais bien Naaman, le Syrien.» Entendant cela, tous dans la synagogue furent remplis de fureur. Et, se levant, ils le poussèrent hors de la ville et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline sur laquelle leur ville était bâtie, pour l'en précipiter. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin..."

La semaine dernière, Jésus arrivait à Nazareth et on l’a invité à commenter le passage d’Isaïe qui présente la mission du Messie. Beaucoup de gens (hors de Nazareth) reconnaissent en Jésus, l’envoyé de Dieu, mais à Nazareth, les concitoyens sont septiques : on le connaît depuis son enfance et il ne s’est jamais démarqué des autres. Par contre, on dit qu’il fait des miracles. Alors on s’attend à un bon spectacle : il devrait faire plus pour les siens que pour les étrangers. Dans ce contexte-là, Jésus ne peut rien accomplir.
La lecture du livre d’Isaïe invite les gens à devenir prophètes, à être des révélateurs de la Présence de Dieu. Comment cela peut-il se faire :
Un chrétien, ou un prophète n’est pas un visionnaire ou un devin : il est davantage un éveilleur, un gardien du souvenir. Il fait mémoire, non pour nous enfermer dans le passé, mais pour nous inviter à vivre les défis contemporains inspirés par l’audace de nos devanciers dans la foi. Alors, vivre la foi que Jésus propose aujourd’hui, c’est ne jamais réduire l’autre à la connaissance que j’ai de lui et savoir comme une certitude que chaque personne vaut plus que les gestes qu’elle pose. Ne jamais rester prisonnier de nos rancunes ou de nos désirs de vengeance : savoir pardonner – ce qui est une priorité chez le Christ que Luc nous présente tout au long de son évangile.
Je conclus avec ces quelques mots de l’homélie d’un évêque
en pleine canicule estivale lors de l’ordination presbytérale
d’un confrère : « Toute ta vie, tu auras à semer la Lumière
dans le coeur des autres. Cela suppose que tu cultives cette
Lumière dans ta propre vie en puisant constamment à la
source de l’eucharistie. N’oublie jamais qu’en agissant ainsi,
tu réponds à un appel de Dieu : c’est Lui qui t’a choisi pour
le porter aux autres avec amour, bonté et douceur dans
l’audace de l’effort et des recommencements. »
Laissons la Parole de Dieu pénétrer jusqu’au fond de notre cœur et permettons au Seigneur de nous accompagner tout au long de notre vie. Ne le chassons pas «hors de notre ville».