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Réflexion sur l'évangile du 3e dimanche ordinaire, C

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Luc 1, 14-21

Plusieurs ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, tels que nous les ont transmis ceux qui, dès le début, furent les témoins oculaires et sont devenus les serviteurs de la Parole. C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après m’être informé soigneusement de tout depuis les origines, d’en écrire pour toi, cher Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus.

Lorsque Jésus, avec la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région. Il enseignait dans les synagogues des Juifs, et tout le monde faisait son éloge. Il vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe.

Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, et aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.

Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire: «Cette parole de l’Écriture, que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit.»

 

 

3e dimanche ordinaire - C

photo de Gilles Baril


Cher Théophile

 

bibleLe texte que nous venons d’entendre nous présente les premiers versets de l’évangile de Luc : il dédie son écrit à Théophile : qui est-ce? Suite à quelques recherches, il est facile de constater que Théophile n’est pas une personne en particulier, mais toutes personnes amies de Dieu qui souhaitent découvrir le Christ. « Théo » est un mot grec qui veut dire « Dieu » et « Phile » est un autre mot grec qui veut dire « Ami »

Qui est Luc? Un médecin. Un ami personnel de Paul. Il n’a pas connu le Christ avant sa résurrection. En tant que médecin, il est habitué de chercher les causes d’une maladie. La science médicale de l’époque n’a pas expérimenté les progrès d’aujourd’hui et il n’existe aucun médicament. Alors Luc est un chercheur de vérité : il fait des recherches sérieuses sur Jésus de Nazareth. Il rencontre plusieurs témoins oculaires qui l’ont fréquenté. Il a eu plusieurs entretiens avec Marie. On dit que l’évangile de Luc est aussi l’évangile de Marie. Notons également que Luc est peintre et qu’il aurait réalisé le seul portrait authentique de Marie, laquelle aurait accepté de lui servir de modèle… ce qui n’est arrivé qu’avec Luc. Ce portrait est précieusement conservé au Vatican et on dit qu’il est devenu l’illustration de Notre- Dame du Perpétuel Secours.

Quels sont les centres d’intérêt de Luc quand il écrit son évangile : le Christ est présenté comme le Sauveur des pécheurs et des marginaux. Luc insiste beaucoup sur la miséricorde et le pardon : il sait comme médecin qu’un pardon qu’on refuse de donner est un cancer qui ronge le coeur. Le Christ chez saint Luc, dénonce les fausses intentions à la source de l’agir des gens : il fait la différence entre les intentions et les réalisations.

Chez Luc, il y beaucoup d’espaces de prière : Jésus prie chaque situation importante de sa vie : il se retire dans la montagne, il passe la nuit en prière, … Il relève beaucoup de guérisons et de miracles. Une autre caractéristique du texte de Luc est la place importante que Jésus accorde aux femmes et aux personnes jugées sans importance aux yeux des notables de ce monde.

Dans la deuxième partie de l’évangile d’aujourd’hui, Jésus revient à Nazareth pour la première fois depuis qu’il a commencé sa vie publique. L’épisode des noces de Cana l’a précédé. Les Nazaréens se questionnent beaucoup sur ce concitoyen qui semble tout à coup doté de pouvoirs étonnants. D’après tout, il n’est que le fils de Marie et Joseph.

le samaritainJésus se rend à la synagogue et on l’invite à commenter la parole de Dieu : il s’agit du texte d’Isaïe qui décrit la mission du Messie :

  • La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres : sont considérées comme pauvres toutes personnes qui manquent de ressources financières, mais aussi les gens qui n’ont pas de relations humaines épanouissantes et qui n’ont pas d’appartenance réelle avec la communauté.
  • Annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres : prisonniers de l’alcool, de la drogue, de la violence et de la haine.
  • Annoncer aux aveugles qu’ils verront la Lumière : est aveugle qui croit être sauvé par sa position sociale, qui n’a pas d’autres buts que de chercher le confort et le plaisir, qui ne découvre jamais les besoins des gens autour de lui.
Il faut rayonner Dieu par notre témoignage et non par l’imposition des doctrines.

Cette parole, ajoute-t-il, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit : pour devenir un Sauveur pour les autres, il faut devenir un passionné de Dieu et de la vie. Il faut rayonner Dieu par notre témoignage et non par l’imposition des doctrines.

Pour conclure, je dirais qu’il est facile de discerner si les gens ont vraiment une relation sincère avec Dieu : si en quittant une célébration, on reste indifférent à la misère des autres que nous percevons comme des êtres inférieurs, c’est que nous n’avons rien compris sur Dieu.
L’amour naturel pour chaque personne que nous rencontrons (surtout si cette personne en arrache dans sa vie) est un baromètre pour évaluer la qualité de notre vie intérieure.

« Commence par faire le nécessaire,
puis fait ce qu’il est possible de faire
et tu réaliseras l’impossible sans t’en apercevoir. »

[François d’Assise]