Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Les noces de Cana -
Il y avait un mariage à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là. Jésus aussi avait été invité au repas de noces avec ses disciples.
Or, on manqua de vin; la mère de Jésus lui dit: «Ils n'ont pas de vin.» Jésus lui répond: «Femme, que me veux-tu? Mon heure n'est pas encore venue.» Sa mère dit aux serviteurs: «Faites tout ce qu'il vous dira.»
Or, il y avait là six cuves de pierre pour les ablutions rituelles des Juifs; chacune contenait environ cent litres. Jésus dit aux serviteurs: «Remplissez d'eau les cuves.» Et ils les remplirent jusqu'au bord. Il leur dit: «Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas.» Ils lui en portèrent. Le maître du repas goûta l'eau changée en vin. Il ne savait pas d'où venait ce vin, mais les serviteurs le savaient, eux qui avaient puisé l'eau. Alors le maître du repas interpelle le marié et lui dit: «Tout le monde sert le bon vin en premier, et, lorsque les gens ont bien bu, on apporte le moins bon. Mais toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à maintenant.»
Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit. C'était à Cana en Galilée. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui.

Nous sommes invités aujourd’hui à un curieux de mariage : on ne sait rien des mariés qui semblent plutôt pauvres et qui vivent dans un village obscur. Les vedettes de ce mariage semblent être Marie, Jésus et ses disciples. Il s’agit, dit l’évangile, du début des signes réalisés par Jésus. L’évangile d’aujourd’hui nous présente plusieurs symboles importants de la foi juive :
Et Marie de répondre : « Faites tout ce qu’il dira » : elle témoigne d’une confiance absolue face à la mission de son Fils. Elle incite Jésus à vivre son premier signe de non-retour vers sa Mission. Elle sait que plus rien de sera jamais pareil.
Et l’eau changée en vin : premier miracle de Jésus. Notons
que son dernier miracle est le vin changé en son sang lors de
sa passion. Ce nouveau vin est de première qualité et il y en
a en abondance.
Que fait Jésus dans ce premier geste qui
témoigne sa mission? Il sauve la fête. Il se présente comme
le Dieu de la joie et du partage. Il enseigne la solidarité : les
dons que nous recevons sont toujours en vue du bien de
tous.
Ça me rappelle une autre noce vécue par des gens dans une situation financière précaire : comme ils ne voulaient pas réduire le nombre d’invités, ils invitèrent ceux-ci à apporter une bouteille de vin. Les mariés avaient prévu une immense cuve pour y verser pêle-mêle tout le vin apporté en se disant que le goût de ce mélange serait une particularité de leurs noces.
Un couple invité se dit : « il y aura certainement une quarantaine de bouteilles de vin, alors pourquoi faire un effort : apportons une bouteille d’eau. Le malheur est que la majorité des invités a pensé la même chose : alors, force de conséquence, le vin des noces goûtait l’eau. Voilà l’inverse du miracle de Cana parce que personne n’a voulu s’impliquer de façons gratuites et spontanées pour le bonheur des autres.
La joie fait appel à la solidarité et elle transforme notre vision de la vie en émerveillement… mais, à chacun d’y mettre du sien. Fais la joie des autres. Fais la joie de Dieu : voilà ce qui résume l’évangile des noces de Cana, mais aussi l’ensemble du message de Jésus aux femmes et aux hommes de bonne volonté de chaque génération.
Jésus peut être vin nouveau pour vous et moi, si seulement nous l’invitons à la noce !