Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : «Que devons-nous faire?» Jean leur répondait : «Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même!» Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : «Maître, que devons-nous faire?» Il leur répondit : «N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé.» À leur tour, des soldats lui demandaient : «Et nous, que devons-nous faire?» Il leur répondit : «Ne faites ni violence ni tort à personne; et contentez-vous de votre solde.»
Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : «Moi, je vous baptise avec de l'eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas.» Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

« Que devons-nous faire? »
La réponse repose sur quelques mots : « Tout faire pour être heureux ». Mais être heureux d’un véritable bonheur qui trouve sa source en Dieu. La joie est le premier et le dernier mot de l’Évangile comme disait le grand écrivain Paul Claudel.
« Que devons-nous faire? » Que répond Jean-Baptiste :
« Partage, n’écrase personne autour de toi, fait preuve de
bonté ». Il ajoute : « Sois modéré dans ta soif de
revendications. Ne te laisse pas écraser par tes déceptions.
Demeure respectueux de chaque personne qui t’entoure. »
« Que devons-nous faire? » Permettez-moi encore un fait vécu :
Un homme possédait un immense domaine au milieu duquel il avait érigé son château. Un jour, il fit faillite et fut obligé de tout vendre pour payer ses dettes. Pendant plusieurs jours, il fut écrasé par sa peine. Cependant, dans le contrat de vente, il avait exigé la permission de se promener dans les jardins et le parc qui avaient été les siens autrefois.
Et c’est alors qu’il fit une découverte : maintenant qu’il n’en était plus propriétaire, il commençait à jouir des arbres, des fleurs, du calme que lui procurait le parc. Autrefois, il ne connaissait pas le repos, car son domaine ne lui laissait aucun répit. En effet, il lui fallait mettre ses domestiques à l’ouvrage; dès qu’il apercevait une marmotte dans le jardin, il était désolé des dégâts qu’elle pouvait causer ou s’il voyait un arbre-victime de la tordeuse de l’épinette, il se disait : « le bois ne vaudra pas cher cet hiver. »
Maintenant, il se sentait heureux, dégagé, libre; il avait le loisir d’admirer la nature et d’en découvrir les beautés. Il trouvait même le temps de causer avec les jardiniers, ce qu’il ne faisait jamais auparavant. Il n’aurait pas changé son bonheur pour tous les châteaux du monde.
« Que devons-nous faire? »
Prendre le temps de s’arrêter pour découvrir l’essentiel de ce qui se vit autour de nous. En ce temps de l’année où tout va vite, où nous sommes engagés dans un surplus de travail pour rendre les autres heureux : prendre le temps de s’arrêter. Personne n’attend de nous qu’on arrive à Noël épuisé et stressé.
Le grand prophète du XXe siècle, Mohandas Gandhi disait :
« L’Évangile est un livre de Lumière qui peut transformer
l’Univers. Je me ferais chrétien si je ne voyais pas vivre des
chrétiens ». Les textes bibliques d’aujourd’hui s’offrent à
nous comme une invitation à mettre de la lumière dans nos
vies quotidiennes.
Beaucoup de gens vivent dans la tristesse : des enfants souffrent du fait qu’on exige trop d’eux : ça va mal dans leur famille, les résultats scolaires sont médiocres… Des parents arrivent difficilement à rejoindre les deux bouts au niveau matériel, mais aussi au niveau émotionnel et familial. Des personnes âgées se sentent isolées et abandonnées. Finalement, beaucoup de gens ne se sentent pas personnellement aimés.
Quelqu’un qui se sait aimer, quelqu’un qui est sûr d’être aimé a toujours dans son coeur un rayon de joie quoique la vie lui amène. Mettre de la lumière, n’est-ce pas donner aux gens qu’on aime la certitude que peu importe ce qu’ils vivent, notre affection leur est acquise pour toujours. Voilà le beau mystère de Noël que nous vivrons dans quelques jours, mystère que nous sommes invités à vivre 365 jours par année pour demeurer chaque jour dans cette joie de Dieu que rien ne peut nous ravir.