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Réflexion sur l'évangile du 31e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Marc 12, 28 -34

Un scribe qui avait entendu la discussion, et remarqué que Jésus avait bien répondu, s’avança pour lui demander : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui. L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

 

31e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


Le commandement de l'Amour

 

ToussaintUn docteur de la loi, c’est-à-dire un spécialiste qui connaît toutes les lois par coeur, demande à Jésus quel est le commandement le plus important. Voilà une belle source de chicane, car à l’époque de Jésus, il existe 613 prescriptions de lois à observer rigoureusement pour aller au ciel. Il y a 248 réalités que nous sommes obligés de respecter et 365 interdictions.

Jésus n’embarque pas dans ce débat stérile. Il cite plutôt l’esprit qui devrait être à la source de notre agir inspiré par Dieu : l’amour de Dieu, l’amour du prochain et l’amour de soi-même. Le scribe est resté bouche bée tellement ce raisonnement lui semble inspiré et inspirant.

Mais je me pose une question : « Quand on dit : « J’aime », qu’est-ce qu’on dit exactement? En l’espace de quelques minutes, on dit : « j’aime telle émission de télévision, j’aime le gâteau au chocolat, j’aime telle personne ». Est-ce que j’aime telle personne sans m’investir comme quand j’écoute la télévision ou encore pour la consommer comme le gâteau au chocolat?
riveL’amour dont le Christ nous parle est un engagement. Ne dit-il pas : « on vous a enseigné oeil pou oeil, dent pour dent, et moi je vous dis : fais plus que ce qui t’est demandé : on te demande un pas, fais-en cent; on te demande ton manteau, donne aussi ta chemise…
La règle d’or de l’amour jailli du coeur du Christ consiste à faire pour les autres ce que nous voudrions que les autres fassent pour nous. Il nous invite à un amour inconditionnel pour chaque personne.
Il ajoute encore : « Aimez même vos ennemis ». Tout ceci n’est pas possible si on ne puise pas dans le coeur de Dieu (ce qui vient par la prière). Aimer en ne désespérant jamais de l’autre ou en refusant de la réduire à ce que je connais déjà sur lui. Avoir la force des recommencements. Ce genre d’amour exige de la confiance et la capacité de beaucoup pardonner.

Je pense souvent à une dame qui mangeait un pain miette par miette. Elle me dit : « J’ai peur de manger, car j’ai peur d’avoir à nouveau faim quand je l’aurai tout mangé ». C’est le drame de beaucoup de monde : on a peur d’aimer, car on a peur d’être blessé, déçu, abandonné ». Comme le dit une pensée : on a des amis le jour où on a décidé d’en être un pour les autres.

phareJe crois aussi que les coeurs habités par Dieu ne sont jamais totalement heureux : ils leur manquent le bonheur des autres. Les souffrances des gens qu’on aime et devant lesquelles on ne peut rien sinon le pouvoir de la compassion sont plus difficiles à supporter que nos propres souffrances.

Mais en même temps, reconnaissons qu’aimer et être aimé, c’est un avant-goût du ciel… et qu’aimer vraiment, c’est se laisser dire par Dieu : « tu n’es pas loin du Royaume de Dieu ».

Ne craignons pas d’aimer, d’agir par amour et de nous laisser aimer : c’est ainsi que nous apposons la signature de Dieu dans tout ce que nous vivons comme personne et comme communauté chrétienne. C’est ainsi que nous donnons le goût du devenir meilleur à tous les chercheurs de Dieu qui nous entourent au quotidien.