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Réflexion sur l'évangile du 30e dimanche ordinaire, B

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada


 

 

Marc 10, 46-52

Tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, un mendiant aveugle, Bartimée, le fils de Timée, était assis au bord de la route. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : «Jésus, fils de David, aie pitié de moi!» Beaucoup de gens l’interpellaient vivement pour le faire taire, mais il criait de plus belle : «Fils de David, aie pitié de moi!»
Jésus s’arrête et dit : «Appelez-le.» On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : «Confiance, lève-toi; il t’appelle.» L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus. Jésus lui dit : «Que veux-tu que je fasse pour toi?»
«Rabbouni, que je voie.» Et Jésus lui dit : «Va, ta foi t’a sauvé.» Aussitôt l’homme se mit à voir, et il suivait Jésus.

30e dimanche ordinaire - B

photo de Gilles Baril


Confiance, il t'appelle

 

La page d’évangile que vous venez d’entendre est comme une séquence de film où se rencontrent trois acteurs : l’aveugle, la foule et le Christ.

L’aveugle : un homme assis au bord du chemin dans la position passive de celui qui subit la défaite de sa vie. Il entend une foule agitée : on lui dit que ce sont des gens qui accompagnent Jésus. Il semble avoir entendu parler des miracles de Jésus, car aussitôt, il s’agite et se met à implorer. Sera-t-il accueilli? Est-il vrai que Jésus ne se laisse pas conduire par les préjugés des scribes et des pharisiens? Jésus le fait approcher : tout de suite il bondit en abandonnant sa seule possession : son manteau il n’a plus besoin de cette protection, car déjà il croit à sa libération. Avant même de retrouver la vue, il est déjà prêt à s’engager à la suite de Jésus. Et il ne sera pas déçu.

lumièe du mondeLa foule : la foule manifeste la présence de Jésus. On le suit sans doute pour différentes raisons : par curiosité, par recherche de sensations, par reconnaissance pour un miracle déjà vécu ou par s’engager à sa suite. Quand Jésus appelle l’aveugle, la foule devient une communauté d’accompagnement… elle devient le moyen de la rencontre entre Bartimée et Jésus.

Sommes-nous comme la foule qui au départ fait obstacle à la rencontre de Jésus pour ceux qui en arrachent avec leur vie ou si nous sommes une communauté chrétienne qui sait encourager les blessés de la vie tout en les accompagnant dans leurs luttes? Jésus invite à sa suite, non pas en vertu de nos compétences, mais en fonction de la mission à accomplir. Et comme dit souvent un prêtre ami : « On dirait que Dieu appelle toujours des incompétents, et à qui répond à l’appel, il donne en son temps toutes les compétences nécessaires.

Le Christ nous appelle à vivre des dépassements parce qu’il sait ce dont nous sommes capables si nous acceptons de faire confiance et d’ouvrir notre coeur à l’inconnu.

Le Christ : Jésus accueille sans condition. Son objectif consiste à redonner à chaque personne sa dignité humaine. Aujourd’hui on constate que Jésus marche à la tête de la communauté. Il avance au rythme des plus faibles : on dit que dans l’armée pour éviter la dispersion des troupes, on fait toujours marcher les plus faibles en avant. Voilà la méthode Jésus. Tout en marchant, il instruit ses disciples, il accueille les nouveaux arrivés, il guérit, il invite à sa suite. Il ne rejette et ne condamne personne.

lumière du mondeJésus enseigne trois façons d’alléger un fardeau : la première, c’est simplement de s’en débarrasser, la deuxième, c’est de s’entrainer à vivre avec ce fardeau de sorte que sans diminuer de poids, il devient moins pénible à supporter, et la troisième, c’est de trouver quelqu’un qui nous aide à le porter. C’est ainsi qu’il offre une force intérieure nouvelle : son Esprit-Saint, lequel devient une nouvelle source d’énergie qui nous aide à surmonter l’obstacle avec plus d’aisance. Le Seigneur nous donne aussi des gens autour de nous pour nous aider à vaincre ce qui nous blesse. Il met sur notre chemin des personnes qui nous soutiennent, qui nous conseillent, qui nous réconfortent… ce qui rend le fardeau plus léger, car nous ne le portons plus seul.

C’est ainsi que Jésus appelle l’aveugle au coeur de la foule et il l’invite à se joindre à la communauté.

Quelle place laissons-nous à ceux qui se joignent à nous? Quelle place laissons-nous aux nouvelles initiatives? Imposons-nous le silence et le statu quo? Croyons-nous qu’il peut se faire du bien autrement que par nos vieilles méthodes? Croyons-nous qu’il peut se faire du bien au nom de Jésus ailleurs que nos entreprises à nous? Croyons-nous que nous n’avons pas à toujours porter la responsabilité de tout ce qui se vit autour de nous?

Ce texte d’évangile me semble une belle invitation à prier dans les prochains jours pour le rayonnement de l’évangile non seulement en tant qu’individu, mais aussi en tant que communauté chrétienne. Prions ensemble pour notre sainteté communautaire afin de demeurer comme le Christ dans un bel esprit d’accueil pour les pauvres, les blessés et les faibles de notre communauté humaine.

La foi nous donne des yeux nouveaux.