Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Un jour, des pharisiens abordèrent Jésus et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : «Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme?» Jésus dit : «Que vous a prescrit Moïse?» Ils lui répondirent : «Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation.»
Jésus répliqua : «C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas!»
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question. Il leur répond : «Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d’adultère.»
On présentait à Jésus des enfants pour les lui faire toucher; mais les disciples les écartèrent vivement. Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit: «Laissez les enfants venir à moi. Ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent. Amen, je vous le dis: Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas.» Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

En s’inspirant de son vécu, St-Benoit donne des exigences de
base pour s’assurer une vie épanouie au quotidien avec
d’autres personnes.
Le premier point consiste à admettre
que chaque personne peut avoir au moins un défaut.
Le
deuxième point consiste à prendre conscience que moi aussi,
je possède un défaut.
Ensuite, dit-il, il faut identifier une
qualité chez l’autre et numéro quatre, essayer d’acquérir les
qualités observées chez les autres.
Numéro cinq, découvrir le
Christ dans les qualités des autres et numéro six, découvrir
le Christ dans les défauts des autres (ce qui est beaucoup
plus difficile).
Finalement, St-Benoit dit que pour une vie en
harmonie, il faut toujours chercher le bien des autres.
Aristote (philosophe grec qui a vécu quatre siècles avant le
Christ) disait : « On ne peut pas vraiment aimé l’autre tant
qu’on n’a pas mangé un sac de sel ensemble » Sel des défis
et des luttes; sel des déceptions surmontées, sel de la fatigue
et des désenchantements. Rappelons que le sel rehausse le
goût des aliments, qu’il cicatrise les blessures et qu’il permet
la conservation tout en empêchant de se déshydrater.
Qu’est-ce que Jésus enseigne?
Aimer. Ici, on aborde la question du mariage par l’épineuse réalité du divorce… rappelons-nous aussi qu’à cette époque, les mariages étaient souvent des mariages de raison et rarement des unions d’amour.
Vivre l’amour demande des pré requis :
1- L’écoute : tout se dire. Comprendre aussi le non verbal. Découvrir le rite de croissance de l’autre. Ne pas exiger plus que ce que l’autre peut donner. Apprendre à se faire confiance : c’est facile de faire confiance quand tout va bien, mais apprendre à se faire confiance dans les difficultés et les désenchantements quand l’heure est à la déception… voilà l’exigence de se dire et de l’écoute.
2- La fidélité
: il existe deux façons d’être fidèle : on
peut s’attacher à une personne parce qu’elle semble
parfaite : ça ne dure jamais longtemps. On finit
forcément par lui trouver des faiblesses et parfois par
conclure que cette personne n’est qu’une hypocrite. On
peut aussi s’attacher à quelqu’un pour devenir meilleur
en sa compagnie : alors on est sûr d’aller plus loin. La
fidélité consiste à faire les efforts pour se changer soimême
et pour que notre couple se renouvelle. La
fidélité fait appel aussi au pardon : voici un petit truc
que j’ai entendu par un couple qui célébrait 60 ans de
mariage : tous les soirs, avant de dormir, on dit un
Notre-Père ensemble. Parfois, le « Pardonne-nous
comme nous pardonnons » est exigeant, mais il a
apporté bien des réconciliations qui font que jamais on
n’a dormi ou essayé de dormir avec un problème non
résolu. Croire à l’impossible malgré nos limites
personnelles.
3- Les dépassements : conserver un idéal élevé. Ne jamais dire : « J’en ai assez fait ». Garder la certitude que le meilleur est toujours devant nous. Toujours s’appliquer à découvrir ce qui est édifiant chez l’autre. S’appliquer à demeurer édifiant pour l’autre.
Une telle vie d’amour et de don de soi est-elle encore possible dans notre société? Jésus n’a jamais promis la facilité, mais il témoigne par sa vie que le bonheur se situe dans notre regard vers le haut (vers l’avenir) et non par le bas (vers le passé). Edith Stein, au moment de mourir dans un camp de concentration des Nazis dit : « il faut toujours tenter une sortie de nos difficultés… et quand plus rien n’est possible ni en avant, ni en arrière, ni à gauche, ni à droite, il faut savoir que tout demeure toujours possible par le haut. »
Alors tout ce que je viens de dire, ça vaut pour les couples, mais ça vaut aussi pour les religieux (ses), les prêtres et pour toutes formes d’engagements au service de la communauté. Notre fidélité à nos engagements est un moyen assuré pour actualiser l’Amour du Christ pour les hommes et les femmes de notre temps.