Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
L’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, à une jeune fille, une vierge, accordée en mariage à un homme de la maison de David, appelé Joseph; et le nom de la jeune fille était Marie.
L’Ange entra chez elle et dit : « Je te salue, Combléede-grâce, le Seigneur est avec toi. » À cette parole, elle fut toute bouleversée, et elle se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. L’Ange lui dit alors : « Sois sans crainte, Marie, car tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils; tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé Fils du Très-Haut; le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin. »
Marie dit à l’Ange : « Comment cela va-t-il se faire, puisque je suis vierge ?
» L’Ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint, et il sera appelé Fils de Dieu. Et voici qu’Élisabeth, ta cousine, a conçu, elle aussi, un fils dans sa vieillesse et elle en est à son sixième mois, alors qu’on l’appelait da femme stérile. Car rien n’est impossible à Dieu. »
Marie dit alors : « Voici la servante du Seigneur; que tout se passe pour moi selon ta parole. »
Alors l’Ange la quitta.

Une histoire raconte qu’un curé va rencontrer son évêque pour lui demander un changement de paroisse : « Donnez-moi une paroisse plus petite, comme ça j’endormirai moins de monde durant les homélies du dimanche ».
L’Évêque de répondre : « Pas question de vous changer de paroisse. Vous faites un travail remarquable et tout le monde vous apprécie. Il est vrai que vous n’êtes pas le meilleur orateur du diocèse, mais il est toujours possible d’améliorer cette situation en se donnant des trucs… Par exemple, dimanche prochain est une fête mariale. Alors, commencez votre homélie en disant aux gens : « Mes biens chers frères, je vais vous révéler un secret : je suis en amour. Vous allez voir que vous aurez réveillé la curiosité des gens et qu’ils vont vous écouter avec attention. Alors vous répétez : je suis en amour… avec la Vierge Marie. Puis vous leur parlez de Marie… »
Le dimanche suivant, le curé commence son homélie en disant : « Imaginez-vous que j’ai rencontré l’évêque la semaine dernière et qu’il m’a confié qu’il est en amour… le pire est que je ne me souviens plus avec qui… »
Semblerait-il que le curé a obtenu peu de jours après sa paroisse de campagne. Je peux dire ce matin que notre évêque est en amour avec Marie, ou du moins en profonde admiration pour elle.
VisitationMarie est le deuxième témoin privilégiée que l’Église met sous nos yeux en ce temps de préparation à Noël. Elle est une fille simple, humble et disponible.
Elle accepte volontiers de se laisser déranger dans ses projets de vie avec Joseph pour être au service de Dieu (jusqu’ici, elle est parfaitement imitable par chacun d’entre nous)
Marie et Joseph sont un jeune couple plein de projets et ils auront à s’ajuster pour répondre aux attentes de Dieu. Ils nous enseignent par leurs attitudes que Dieu se révèle à l’humanité beaucoup plus dans la simplicité du quotidien que dans les gestes d’éclats qui sont rarissimes dans une vie.
Comme nous le rappelle l’évangile de l’Annonciation que nous venons d’entendre, Marie croit au « Dieu de l’impossible ».
Ce texte biblique nous offre en concentré tout le cheminement de la foi chrétienne : devant une demande, on est généralement surpris. Puis on essaie de comprendre avec notre intelligence : on questionne.
Marie, en femme intelligente, finit par saisir que Dieu n’a pas à lui révéler tous ses mystères et c’est dans un élan du coeur, qu’elle donne son Fiat : « Que tout se passe selon ta parole, car rien n’est impossible à Dieu ». À l’exemple de Marie, ne craignons pas de donner, de nous donner pour le bonheur des autres.
Noël, c’est célébrer Dieu qui se fait homme dans nos gestes de partage et de solidarité, dans ce temps de générosité des gens simples. Comme Marie et Joseph, rivalisons de bonté, de respect et de soutien affectueux pour les gens qui nous entourent. Doublement bienheureux si nous savons le faire dans la joie, car la joie est le meilleur discours pour révéler Dieu à ceux qui le cherchent.