Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu. Il était écrit dans le livre du prophète Isaïe: Voici que j’envoie mon messager devant toi, pour préparer ta route. À travers le désert, une voix crie: Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Et Jean le Baptiste parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tout Jérusalem, venait à lui. Tous se faisaient baptiser par lui dans les eaux du Jourdain, en reconnaissant leurs péchés. Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins, et il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait: «Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés dans l’eau; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint.

* Je vous amène au cinéma :
Un homme se promène à pied par un beau dimanche de
printemps fier de porter un bel habit neuf qui lui va très bien.
Une auto passe -- il y a de la vase (« slush »)
L’auto ralentit : notre homme se sent sécurisé : « il m’a
vu… »
Mais l’auto l’arrose et v’là notre homme tout sali.
* J’arrête mon film
Que se passe-t-il dans la tête du monsieur?
Il est choqué, il se dit que le conducteur est un imbécile…
* Le film continu :
L’homme arrête, sort de l’auto et s’excuse en disant : « Je ne voulais pas vous arroser, mais j’ai dû le faire pour ne pas frapper un enfant. Le monsieur se retourne et reconnaît son fils. Alors la rage cède place à la reconnaissance : « Merci monsieur… »
Que pourrait-on retenir de ce film : plusieurs pistes de réflexion :
A- Tout ce qu’on vit provient de nos réactions
intérieures : « c’est dans la tête qu’on est beau. »
Aucune situation qu’on vit ne se règle en dehors de soimême,
tous les évènements sont des occasions pour nous
confronter à notre vécu personnel.
Ainsi :
Dans mon film de départ : j’ai choisi une scène de printemps
(en étant conscient que je suis « hors saison ») parce que
nous sommes au printemps la liturgie avec l’Avent : nous
devons préparer nos coeurs pour l’arrivée (le retour) du
Christ avec Jean-Baptiste et Marie, qui sont pour nous
témoins d’espérance et de nouveauté.
On compare souvent l’Église à un arbre :
Jean-Baptiste est celui qui prépare le terrain.
Marie est celle que Dieu a choisie pour que germe la plantation.
Aujourd’hui : ils demeurent pour nous des témoins importants, des rayons de soleil qui attire l’arbre vert le haut et lui donne l’énergie nécessaire pour porter des fruits…
Durant notre célébration, confions au Seigneur son Église qui vit un nouveau Printemps. Nous voyons des obstacles à l’évangile dans notre société : tant mieux nous sommes réalistes, nous sommes en situation de conversion.
Demandons par conséquent, la force nécessaire pour rendre droit le chemin, et remettons notre avenir entre les mains de Dieu. Ainsi, ce qui nous semble impossible deviendra possible avec Dieu qui nous associe à son grand projet de nous donner « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice »
Dieu ne fait rien sans que nous apportions notre collaboration à la réalisation se son projet. Par Isaïe et Jean- Baptiste, il nous demande de préparer sa venue en aménageant un grand espace d’accueil pour le recevoir. Pour cela, il faut : abaisser les collines de nos égoïsmes et de nos suffisances, combler les ravins de l’indifférence, aplanir la montagne de nos peurs…
En d’autres mots, Dieu nous appelle à nous convertir, à avoir des coeurs neufs. Se convertir : ce n’est pas le chemin du péché à la vertu, mais plutôt celui de l’illusion au réel.
Donc : se convertir en étant sensible aux évènements et aux personnes du quotidien.
B- L’homme s’est choqué :
1- Parce qu’il pense que le conducteur s’est foutu de lui.
2- Parce qu’il a investi le bonheur de sa journée dans son bel habit neuf (ce qui personne n’attendait de lui…)
« Jean-Baptiste » est comparable au conducteur de
l’automobile qui est obligé de m’éclabousser dans mon
présent pour libérer mon avenir : il nous arrose pour un plus
grand bienfait que je n’avais pas vu… (comme le père
n’avait pas vu son fils)
En effet, Jean-Baptiste, il est rustre, direct (sec et cassant) il
ne laisse personne indifférente.
* Par contre, il nous réveille :
« Changez de vie », c’est-à-dire pour nous aujourd’hui :
• Changez de vitesse : arrêter de courir partout et
prenez le temps d’écouter ce qui si vit autour de vous.
• Arrêtez d’être plein de vous-même, nous sommes
parfois tellement préoccupés de nous-mêmes que
nous n’avons plus de place pour les autres ni pour Dieu.
Le journal raconte que vendredi dernier, il y a eu « 110 accrochages à Sherbrooke en deux heures ».
Combien d’accrochages dans nos vies avec le même défaut?
Défaut auquel nous tenons puisque nous ne le changeons
pas…
peut-être y a-t-il ici un appel de Jean-Baptiste qui
nous dit dans l’évangile :
« Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. Convertissez-vous. »
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Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre. (2) Facebook, La naissance d'un frère par PEDIATRIE ( Puériculture )