Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada
Jésus parlait à ses disciples de sa venue: «Prenez garde, veillez: car vous ne savez pas quand viendra le moment.
Il en est comme d’un homme parti en voyage: en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et recommandé au portier de veiller. «Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison reviendra, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin. Il peut arriver à l’improviste et vous trouver endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous: Veillez!»

Quatre fois le mot « veiller » apparaît dans ce texte de neuf lignes. Que veut dire ce mot? Le dictionnaire le décrit en ces termes : « Exercer une surveillance, une vigilance, attendre ».
Nous vivons tous des périodes d’attente : attendre un rendez-vous chez le médecin, attendre l’arrivée de quelqu’un qui tarde à arriver, attendre son salaire…
Il existe différentes façons d’attendre ou de veiller : se croiser les bras et devenir impatient, se rappeler des souvenirs concernant la raison de notre attente, faire des projets, s’habiller le coeur en vivant intensément le moment présent…
Au coeur de l’attente se dessine une présence, ou du moins une espérance.
Comme communauté chrétienne, on attend le retour du Christ. Le cri du peuple dans la première lecture est encore actuel : « Reviens pour l’amour de ton peuple… Montrenous ton visage… » Cette période préparatoire à Noël que nous débutons se résume en ces quelques mots : nous préparons nos coeurs à la venue du Messie. Dieu prend racine chez l’humain pour réveiller en nous nos capacités d’aimer.
Un enfant écrit que la magie de Noël s’illustre dans le fait que tout le monde s’oublie pour les autres :
À Noël, les gens font beaucoup d’emplettes et il y a beaucoup
de voitures. Mais personne ne se fâche parce que tout le monde
bloque la circulation pour les mêmes raisons. Puis, dans les
magasins, presque personne ne dit « c’est pour moi », mais
« c’est pour telle personne ». Et tout le monde cherche des
choses jolies et agréables à l’autre. On dirait que tout le monde
s’aime. Moi, je m’amuse beaucoup, parce que je m’imagine que
quelqu’un pense à moi et m’aime.
Bernard – 8 ans
« Veiller » laisse entendre qu’on se retrouve dans la nuit :
dans un temps de l’année où la nature est dépouillée et où
la grisaille risque d’assombrir l’espérance, il nous faut
chercher la lumière pour devenir reflet de cette lumière
pour les autres. Voilà la symbolique de nos décorations de
Noël.
Dans les contes de notre enfance, le petit Poucet perdu dans la forêt se retrouve grâce à une lumière qui pointe à l’horizon. C’est ainsi que nous sommes invités à mettre en commun nos petites flammes individuelles pour produire le grand Feu de l’esprit de Dieu au coeur de la communauté. Ne dit-on pas que la lune est le reflet du soleil : reflètes-tu le Christ à ceux qui vivent dans la nuit autour de toi? On n’a jamais vu une lampe éteinte être d’une bonne utilité pour les gens dans la nuit… et la lampe allumée ne s’apporte rien à elle-même : elle est là simplement pour les autres. C’est ainsi que dans le monde en recherche qui est le nôtre, Dieu a besoin de chacun d’entre nous pour se révéler à celles et ceux qui nous entourent.
Veillez, car vous ne savez pas quand le maître reviendra