Imprimer Texte plus gros Texte plus petit

Formation > Étude de la Bible > Réflexion chrétienne en cours > Archives > Année A, 29e dimanche ordinaire

Réflexion sur l'évangile du 29e dimanche ordinaire, A

Par Gilles Baril, prêtre, animateur spirituel du Mouvement des Cursillos Francophones du Canada.

 



 

 

Mt 22. 15-21

Les pharisiens se concertèrent pour voir comment prendre en faute Jésus en le faisant parler. Ils lui envoient leurs disciples, accompagnés des partisans d’Hérode: « Maître, lui disent-ils, nous le savons: tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. Donne-nous ton avis: Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur? »

Mais Jésus, connaissant leur perversité, riposta: « Hypocrites! pourquoi voulez-vous me mettre à l’épreuve? Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Ils lui présentèrent une pièce d’argent. Il leur dit: « Cette effigie et cette légende, de qui sont-elles? --- De l’empereur César », répondirent-ils. Alors il leur dit: «Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.»

 

29e dimanche ordinaire - A

photo de Gilles Baril


Rendez à César ce qui est à César
et à Dieu ce qui est à Dieu

 

Rendez à César...Les pharisiens tendent un piège à Jésus : doit-on payer l’impôt aux Romains? Si Jésus dit oui, il ne sait pas respecter les souffrances de son peuple qui se sent lésé dans sa liberté par le joug des Romains. S’il dit non, il est un agitateur contre l’autorité civile. Mais comme toujours, Jésus est assez intelligent pour ne pas tomber dans le piège des pharisiens : il les relance face à leur propre conscience.

Pour moi, ce texte d’Évangile est une belle occasion pour parler du financement de la Communauté [CVA]. Un dicton dit : « Détachez-vous des biens de la terre et amenez-les au presbytère… quant à moi, je saurai bien quoi en faire parce que je les confierai à la secrétaire-financière. »

Je me permets de vous raconter une conversation entre un cochon et une vache :

Un jour, une bonne vieille vache rodait tout près de l’étable des porcs lorsque l’un d’eux l’interpella tristement :

- Dis-moi, soeur vache, pourquoi nos maîtres humains ne nous traitent-ils pas de la même façon, toi et moi? Je ne suis pas jaloux de ton sort, mais il me semble que tu es plus favorisée.

- Je ne sais pas ce que tu veux dire, frère cochon, répliqua la vache surprise de la question. Pourtant, toi et moi avons une place à l’étable, nous sommes tous deux grassement nourris, entretenus. Il me semble que nous jouissons des mêmes privilèges.

Matériellement peut-être, grogna sourdement le porc. Mais si tu savais la réputation que nous avons. Quand 160 les gens se promènent à la campagne, ils admirent le « beau troupeau de vaches », mais ils ne viennent jamais à la « porcherie ». Pier que ça, lorsqu’ils font ce qu’ils appellent dans leur langage des « vacheries », immédiatement ils les qualifient de « cochonneries » faites par des « têtes de lard ». Et si l’un deux n’entretient pas sa maison, on dira : « C’est une vraie soue à cochons »…

- C’est vrai! Mais peut-être pensent-ils davantage à tous ces produits que nous leur donnons : lait, crème, yogourt, beurre, fromage et autres qu’ils retrouvent sur leur table quotidiennement. Nous sommes pour eux littéralement des « vaches à lait »!

- Et nous, donc! Crois-tu que les humains lèvent le nez sur un cochon, lorsqu’ils le retrouvent dans leur assiette, sous forme de rôti de lard, de jambon à l’érable, de bacon, de cretons, de graisse de rôti, de saucisse, et même sous une forme de lard salé portant un nom très chrétien? Non, les humains sont vraiment très ingrats envers nous!

La vache songeuse se reprit à ruminer sagement. Soudain son esprit bête s’illumina et elle risque à frère cochon cette explication plausible :

- C’est peut-être parce que nous les vaches, nous faisons nos dons « de notre vivant ».

Nous sommes invités à faire le don de notre personne de notre vivant. Faire le don de notre temps et de nos talents par nos engagements. Faire aussi parfois le don de biens matériels pour venir en aide aux gens mal pris ou pour soutenir l’oeuvre de la communauté. Ceci fait partie de notre mission de baptisé et de notre désir de solidarité ecclésiale. Je me permets une autre histoire pour rappeler que nos différents dons ont comme objectif de semer de la lumière autour de nous.

Un roi avait deux fils. L’un d’eux seulement devait hériter de son royaume. Désirant éprouver leur sagesse, le roi fit venir ses deux fils et leur dit en donnant à chacun une petite somme d’argent : « Voici ce que vous allez faire : avec cet argent, vous allez vous procurer de quoi remplir complètement la grande salle vide du château. Celui qui s’acquittera le mieux de cette tâche héritera de mon royaume. »

Le premier des fils avait appris que la paille était bon marché. Il en acheta autant que la somme dont il disposait le permettait. Mais la salle du château ne fut remplie qu’à moitié.

Le second des fils acheta un vase d’argile, de l’huile et une mèche, dont il fit une lampe qu’il alluma. Voici que la grande salle du château fut remplie de lumière jusque dans ses derniers recoins.

C’est ce dernier qui hérita du trône.

Je conclus avec ces quelques lignes de la deuxième lecture d’aujourd’hui que je fais mienne à votre sujet :

Merci de demeurer pour moi une belle source d’inspiration sur Dieu.

À tout instant, je rends grâce à Dieu à cause de vous tous, en faisant mention de vous dans mes prières. Sans cesse je me souviens que votre foi est active, que votre charité se donne de la peine, que votre espérance tient bon en notre Seigneur Jésus Christ, en présence de Dieu notre Père. Je sais, frères bien-aimés que vous avez été choisis par Dieu. En effet, l’annonce de l’Évangile chez vous n’a pas été simple parole, mais puissance, action de l’Esprit Saint, certitude absolue. [I Thess. 1, 1-5]

Source des images: (1) Méditation, par Rembrandt, Musée du Louvre.