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Réflexion sur l'évangile du 32e dimanche ordinaire, C

Par le Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.

 



 

 

Lc 20, 27-28

Des sadducéens — ceux qui prétendent qu'il n'y a pas de résurrection — vinrent trouver Jésus, et ils l'interrogèrent : «Maître, Moïse nous a donné cette loi: Si un homme a un frère marié mais qui meurt sans enfant, qu'il épouse la veuve pour donner une descendance à son frère.

«Or, il y avait sept frères: le premier se maria et mourut sans enfant; le deuxième, puis le troisième épousè­rent la veuve, et ainsi tous les sept: ils moururent sans laisser d'enfants. Finalement la femme mourut aussi. Eh bien, à la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l'épouse, puisque les sept l'ont eue pour femme ?»

Jésus répond: «Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d'avoir part au monde à venir et à la résurrection d'entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir: ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héri­tiers de la résurrection.

«Quant à dire que les morts doivent ressusciter, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur: <le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, le Dieu de Jacob>. Il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants; tous vivent en effet pour lui.» 

 

32e dimanche ordinaire - C

photo du Père Allard


" Notre Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants"

 

Les sadducéens qui rencontrent Jésus ne sont pas intéressés à entreprendre une discussion théologique sérieuse avec lui. Ils veulent simplement le prendre en défaut et le ridiculiser. Jésus a renversé les tables de change des vendeurs du Temple accrédités par ces mêmes dirigeants et il les accuse de faire de cette maison de prière, un centre de voleurs. Ils comprennent alors que Jésus peut mettre en danger leur entreprise très rentable.

Les sadducéens, alliés des Romains et responsables du Temple de Jérusalem, étaient surtout intéressés à l’argent, au pouvoir et au contrôle du peuple. La vie après la mort n’entrait pas dans leurs croyances et dans leur vision d’avenir. La question qu’ils posent à Jésus pour le discréditer est de savoir qui, dans l’éternité, sera le propriétaire de la femme qui a eu sept maris. Ils ne s’intéressent qu’à la valeur marchande de cette femme.

...la mort n’est pas la fin de tout.

En nous rappelant que notre Dieu est Seigneur de la vie, le texte d’aujourd’hui nous invite à réfléchir sur notre espérance chrétienne : la mort est un passage.

Dans la première lettre de Pierre, l’apôtre nous rappelle que nous devons « toujours être prêts à répondre à quiconque nous demande la raison de l’espérance qui est en nous. » (3, 15) Cette espérance Donne un tout autre sens à notre mort qui n’est pas la fin de tout, et nous dit que notre parcourt ne se termine pas au cimetière. D’ailleurs les premiers chrétiens ont su exprimer cette espérance en choisissant le mot grec «koimitérion» pour indiquer l’endroit où ils déposaient le corps de leurs défunts. Ce mot, qui est devenu «cimetière» en français, voulait dire «auberge de passage».

S. Paul écrivait aux Thessaloniciens : «Nous ne voulons pas, frères et soeurs, que vous soyez ignorants au sujet des morts; il ne faut pas que vous vous désoliez comme les autres qui n’ont pas d’espérance. Puisque nous croyons que Jésus est mort et qu’il est ressuscité, de même, ceux et celles qui sont endormis en Jésus, Dieu les emmènera avec lui.» (1 Thessaloniciens 4, 13-14)

En début novembre, nous célébrons la fête de tous les saints et le jour suivant nous nous rappelons nos chers défunts. Novembre est le mois de la solidarité humaine. Nous prions pour nos défunts et ceux-ci continuent à nous accompagner dans notre pèlerinage de vie. « Accorde-leur, Seigneur le repos éternel, et que ta lumière sans fin brille sur eux. Que leur âme et les âmes de tous les fidèles défunts, par la miséricorde Dieu, demeurent dans la paix. »

En tant que chrétiens, nous ne voulons pas être de ceux qui  refusent de penser à la mort. Pascal, qui était un grand croyant disait : « Les êtres humains, n’ayant pas trouvé le moyen de guérir la mort, ont décidé de chercher le bonheur en évitant d’y penser. ». Nous ne devons pas avoir peur de réfléchir sur notre propre mort afin de nous préparer à ce moment important.

Bien sûr, nous devons continuellement lutter contre la maladie, en étant toujours en faveur de la vie. Cependant, il ne faut pas oublier que si la science médicale gagne bon nombre de batailles, à la fin, c’est toujours la mort qui a le dernier mot. Mais la mort n’est pas la fin de tout. Elle est un passage, une transformation.

Le Christ rappelle aux Sadducéens que notre Dieu, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, est le  Dieu des vivants. Il les renvoie à cette image du Dieu des ancêtres, toujours fidèle à ses promesses, le Dieu de la vie!

Notre espérance chrétienne affirme que la vie, l’amour, la beauté, la compassion, l’attention aux autres, la bonté, la soif de justice qui se trouvent en nous et que nous admirons chez les autres ne disparaîtront pas avec la mort.

«Ne soyons pas abattus comme ceux et celles qui n’ont pas d’espérance» (1 Thessaloniciens 4, 13) et «Soyons toujours prêts à répondre à quiconque nous demande la raison de l’espérance qui est en nous.» (1 Pierre 3, 15)