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La foi en action
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Un modèle de foi en action

Prophètes de notre temps !

...tantôt de grands noms
connus mondialement,

tantôt des témoins
qui rayonnent
dans un milieu donné.

Chacun à sa manière
nous interpelle
comme un reflet du Christ.
Lavement des pieds
Chacun nous invite à répondre
à l'amour que Dieu nous porte
en nous mettant
au service des autres.


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Pedro Meca


Pedro Meca

Espagnol, Basque

Contrebandier

Prêtre Dominicain

Éducateur de rue

Auteur de plusieurs livres


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« C’est après coup qu’on réalise
que nous ne sommes pas seuls, Jésus était là ».

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Brève biographie de Pedro Meca


Pedro Méca, Basque est né en 1935 à Pampelune, capitale de Navare en Espagne.
Son père est décédé en 1936 quelques mois après sa naissance.
Sa mère biologique, étant en opposition avec le dictateur Franco fut condamnée à mort.
Elle dut fuire et immigrer en France.
Sa famille l’a donc abandonnée.

Pedro est accueilli par un couple de gens âgés qui ne l’ont cependant jamais adopté officiellement. Ils lui ont appris la joie du partage même quand il n’y avait que la misère
à partager. Pedro fut élevé dans un logement sans eau courante ni toilette.

Durant son enfance il dira qu’il a eu faim mais n’a jamais manqué d’amour.
Ses parents adoptifs étaient dans la misère comme beaucoup de gens des environs
à cause des conséquences de la guerre mais ils étaient remplis d’amour pour lui.

En 1942, alors qu’il n’avait que 7 ans, son père adoptif est décédé.
Sa mère adoptive opérait alors un magasin mais elle était quand même dans l’obligation de mendier de porte en porte et Pedro l’accompagnait toujours.

Pedro a fréquenté l’école de Pampelune et aimait passionnément la lecture. Son professeur lui refilait des livres. Il considérait la lecture comme une fenêtre sur le monde.

À cette époque le catholicisme était très présent.

En 1947, à 12 ans, sa mère adoptive était à bout de souffle et désirait le placer. C’est alors que Pedro a démontré le désir de fréquenter le petit séminaire des Dominicains.
Trois années plus tard, en 1950, sa mère adoptive décéda.

Au petit séminaire, ce ne fut pas facile pour lui de s’adapter à une telle discipline étant un garçon élevé dans la rue.
L’expérience a quand même duré 5 ans.

Après cela, ils l’ont renvoyé lui disant qu’il n’avait pas la vocation et ne pouvait pas continuer vers le noviciat.


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Contrebandier - Formation pour devenir prêtre

En 1952, après son renvoi du petit séminaire, Pedro alors âgé de 17 ans est désorienté.
Il s’en va retrouver sa mère biologique qu’il avait entrevue une couple d’années auparavant.
Pédro émigre donc à Bordeaux en France.

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Sa mère tient un comptoir au marché à Bordeaux,
elle vend des articles de contrebande (cigarettes ou alcool).

Pedro assiste sa mère dans ce commerce et la contrebande devient son gagne-pain.
Il ne touchera cependant pas à la drogue.
Cela a duré 4 ans.
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À 21 ans, en 1956, Pedro fait la rencontre d’un prêtre avec lequel il se lie d’amitié.
Ce dernier lui fera réaliser qu'il a un grand talent d'humaniste et que Dieu l'appelle à une vocation bien spéciale.

Pedro entre au couvent.
Son appel à la vocation se résume juste dans une série de différentes petites choses et de réflexions.
Pedro dira plus tard:
« Après coup, on s’aperçoit de la présence de Dieu et de son appel dans la vie ».

Pedro s'insvestira dans ses études pendant près de huit années, à Paris et à Toulouse : noviciat, philosophie et théologie.


Ordonné prêtre, il devient l'ami des plus démunis


En 1962, Pedro Meca est ordonné prêtre.


Ses supérieurs l'envoient dans une paroisse à Madrid.

Il travaille durant 3 ans
dans un quartier ouvrier
où il y a des bidonvilles à proximité,
sans église
et juste un petit local pour se rassembler.

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En 1965, à 30 ans, le père Pedro fait un retour à Paris au couvent de Montpellier où il accueillera et accompagnera les immigrés et réfugiés désemparés.

En mai 1968, il n’est pas indifférent à la révolution estudiantine.
Sa liberté de ton est remarqué par le ministre de l’intérieur qui demande son expulsion.
C’est alors qu’il demande à ses supérieurs de vivre en dehors du couvent.
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Pedro fait la rencontre de l’abbé Pierre qui deviendra sans doute son mentor et qui est âgé d'une quinzaine d’années de plus que lui. Ça l’amènera à une collaboration de plus de 30 ans avec lui et ce jusqu’à la mort de l’abbé Pierre en 2007.

Il écoute les conseils de l’abbé Pierre
qui lui dira un jour :
« Passe la moitié de ta vie à être avec les gens et l’autre à dire ce que tu fais. »
Cela l'amènera à être l'auteur de nombreux livres et à préparer des conférences.

En 1969, le père Pédro s’occupe des travailleurs immigrés et des réfugiés.

En 1975, il passe un an en Espagne . Cette même année l’Abbé Pierre décide de racheter un bar-discothèque "Le Cloître", situé rue Saint-Jacques et Pedro y travaillera avec un confrère dominicain, aumônier des artistes. Beaucoup de drogues y circulent et Pedro travaille comme barman-éducateur.

Pedro Meca alterne son travail social durant 20 heures par semaine et 20 heures comme barman.
Il est un passionné des rencontres avec le monde des pauvres.

Après neuf ans, l’abbé Pierre vend le bar et Pédro doit abandonner ce travail.

Pedro Meca est un passionné pour la culture et il aime la partager.

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Fondateur et animateur de nombreuses associations

Tout au long de son existence, ce natif de Pampelune a co-fondé ou animé un nombre impressionnant d’associations pour les plus démunis. Souvent lorsque ces organismes peuvent voler de leurs propres ailes, Pedro va vers d'autres réalisations.

Il a créé « Inter Libros-Solidarité-France ». Cet organisme envoie des livres à des ONG (organisation non gouvernementale) de l’Amérique latine pour les enfants et les jeunes qui n’ont pas accès à la culture.
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Le père Pedro a fondé l’Association « Compagnon de la nuit » ouverte au cœur du quartier latin, à Paris. Il en sera l’administrateur durant 10 ans.

En 1992, il ouvre un lieu de rencontre
« La Moquette » situé au 15 rue Gay-Lussac à Paris entre le Luxembourg et le Panthéon.


C'est là qu'on accueille des SDF (sans domicile fixe) avec les ADF (avec domicile fixe).

Dans ce lieu de convivialité et d’échanges, les “paumés” peuvent jouer aux cartes le soir, lire des journaux ou parler avec des intellectuels venus présenter leur dernier livre et même rencontrer Pedro. Celui-ci animera La Moquette jusqu’en 2005.
Les accueils se font jusque tard dans la nuit pour les jeunes "zonards" du quartier Saint Michel.
Espace de rencontre et d'échange, la moquette est une transition, une trêve pour ces" nuitards " qui revendiquent le droit de ne pas dormir et d'avoir un espace pour vivre autrement.

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À partir de 1977, il travaille au Cloître, Situé rue Saint-Jacques où, pendant une dizaine d’années, Pedro Meca et les éducateurs de l’association « Vouloir Vraiment Vivre » rencontrèrent ceux qui traînaient leur misère, grande ou petite, dans le Quartier latin.
Des hommes, surtout une majorité d’étrangers, des personnes sans papiers, sans travail ou sans domicile venues se récupérer dans ce lieu d’accueil, un lieu également plein de
« fureurs et de bruits ».
Le cloître sera de nouveaurevendu.
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Depuis 1987, il préside la destinée de l’association « Dyna’MO » qui agit pour l’insertion au travail.
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Il s'implique dans l'organisme "Amis du bus des femmes",
qui vient en aide aux prostituées.
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Son cheval de bataille reste la question du logement qui l’a marqué dans sa chair lorsqu’il était enfant

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En 2000, il participe et interpelle le gouvernement sur les droits au logement.

En 2002 Pedro participe à la fondation du
« Collectif morts de la rue » 72 rue Orfila,
association qui travaille pour assurer des funérailles dignes aux personnes mortes à la rue dont le secours catholique
fait partie. Ce collectif s’engage à inhumer dignement les SDF décédés et à conserver leur souvenir.

En 2013, 453 personnes sont mortes dans la rue à Paris.

Chaque année il collabore à l’organisation de « Notre Noël » où il y a 500 invités.
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Encore en 2014 à 79 ans, il continue sa lutte patiemment.
Régulièrement, il retourne dans la rue et dira :

« Je suis avec les gens.
Souvent, les vrais problèmes, on ne les dit pas.
Quelqu’un à la rue va te dire qu’il veut un boulot, une piaule…
en fait, c’est le poids de la solitude qui le ronge,
le manque d’affection, la perte d’un ami…
Une simple présence, l’écoute peut aider les gens à surmonter l’épreuve.
C’est aussi simplement partager un bon moment ensemble,
vivre bien l’instant et pas simplement vivre dans la souffrance. »

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"Tu sais, ce n’est pas la fatalité qui mène quelqu’un à la rue.
Les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets.
En deux ou trois ans, tout peut dégringoler.
Tu perds ton boulot, tu perds ton conjoint, tes amis, la honte s’installe…
L’isolement des gens est quelque chose d’effrayant.
On ne se parle plus, il est difficile de compter sur quelqu’un.
Tant qu’on ne verra les personnes à la rue
que comme des personnes avec des problèmes, ça sera foutu".
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" Le pape François a dit qu’il voulait une église qui soit dans la rue.
C’est ce que j’ai essayé de vivre…
Au ciel, personne ne nous demandera
le nombre de prières que nous avons récitées
ni combien de cierges nous avons brûlés.
On sera jugé sur nos rapports avec les autres".

Père Pedro Meca , dominicain.


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Vidéo publié par TOR
(TÉLÉVISION OBJECTIF RÉUSSIR)
le 29 août 2012 sur "You Tube"

Écoutons Pedro Meca nous livrer un peu
sa philosophie de service envers les démuni
s.

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Source:
Figures de France
Église de France
Histoire du monde
Le jour du Seigneur
Messager St-Antoine
Lien social
Photos sur le Web
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Recherche et conception: Réjean Vigneux
Révision: Marielle Lefebvre
Mise à jour : 07-2014