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La foi en action
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Un modèle d'action

Prophètes de notre temps !

...tantôt de grands noms
connus mondialement,

tantôt des témoins
qui rayonnent
dans un milieu donné.

Chacun à sa manière
nous interpelle
comme un reflet du Christ.
Lavement des pieds
Chacun nous invite à répondre
à l'amour que Dieu nous porte
en nous mettant
au service des autres.


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Charles Foucauld

 

Charles de Foucauld

Contemplatif et homme d'action

béatifié par le Pape Benoît XVI

fête religieuse 1 décembre

Charles de Foucauld (1858-1916) est un nom qui peut évoquer pour vous un itinéraire passionné, ou différentes images très contrastées. Comme par exemple, celle d’un jeune officier indiscipliné, un noceur… que Dieu attend au fond de son vide intérieur; celle d’un explorateur au Maroc… qui découvre Dieu à 28 ans; celle d’un contemplatif au tempérament entier… qui s’en va vivre dans un pauvre couvent de Syrie, puis en ermite à Nazareth, et enfin au Sahara. Mais cette dernière image du contemplatif mériterait d’être précisée. Charles de Foucauld l’a été bien sûr, mais d’une toute autre manière. Laissons-le nous dérouter.


 

Nous sommes en 1907, à Tamanrasset, dans le sud algérien. Depuis quelques années, Charles demeure là, au cœur du Hoggar. Il s’est installé en un lieu à l’écart de tous les centres importants, mais il reste très accessible aux hommes du désert; il accueille les uns et va à la rencontre des autres. On le dit ermite, il se veut moine et il a pour tout monastère une construction minuscule et une hutte; pour toute règle, celle de vivre «comme Jésus de Nazareth». Il est prêtre aussi, mais il n’y a pas autour de lui un seul chrétien. Il brûle pourtant de faire connaître la bonté de Dieu, mais il ne prêche pas, il n’enseigne pas; au contraire, il se met à l’école des Touaregs, il apprend leur langue, transcrit leurs poésies, il s’intéresse à l’histoire et à l’âme de ce peuple, écrivant à Mgr Guérin :

«Résider seul dans ce pays est bon; on y a de l’action, même sans faire grand-chose parce qu’on devient pays; on y est abordable et si tout petit» ( 2 juillet 1907).

..."plus il se sent appelé à devenir le frère de chacun"...En cette période d’expansion coloniale, il se laisse accueillir par les hommes de ce pays. À une époque où l’on pense que Dieu n’est adoré en vérité que dans une église, il découvre des trésors de générosité et de foi en Dieu, hors des églises. À une époque où beaucoup de chrétiens ont un sens assez individualiste de la relation à Dieu, il découvre toujours plus la présence du Christ parmi les hommes. Et plus il se sent appelé à se donner totalement à Dieu dans la prière continuelle, plus il se sent poussé à devenir le frère de chacun, le «frère universel». Dieu lui dira:

«C’est l’amour qui doit te recueillir en Moi, intérieurement, et non l’éloignement de mes enfants. Vois-Moi en eux, et comme Moi à Nazareth, vis près d’eux, perdu en Dieu» (26 mai 1904).

..."une force irrésistible le pousse sans cesse à aller vers ceux qui sont plus loin."«Frère Charles» (il aime se désigner ainsi) reste influencé par le type de vie qu’il a connu à la Trappe pendant sept ans. Ainsi, dans son ermitage de Béni-Abbès, il a tracé symboliquement le contour d’une clôture qu’il ne veut pas dépasser! Mais une force irrésistible le pousse sans cesse à aller vers ceux qui sont plus loin. Ses hésitations, sa tentation d’une vie plus retirée, apparemment plus efficace, et aussi les problèmes qui viennent de la situation politique, font de lui un homme qui – tout comme nous – cherche son chemin, un homme qui ne peut pas toujours se démarquer de la mentalité de son milieu et de son époque. Mais c’est précisément au milieu de ces difficultés que Dieu l’appelle à agir.

Hiver 1907-1908. Frère Charles vit une période d’accablement. Aucun disciple n’est venu le rejoindre. Le pays est en proie à la sécheresse, le travail acharné l’a épuisé. Il tombe gravement malade. Jusque là, il voulait venir en aide à la détresse des autres, mais maintenant, ce sont les Touaregs qui vont le sauver, en lui donnant ce qu’ils ont de plus précieux en ce temps de famine: du lait de chèvre. Voilà l’entraide devenue réciproque. Et la vulnérabilité ouvre la porte à une amitié profonde.

"Par toute sa vie, il laissera entendre de quel amour il a été saisi"Depuis sa conversion, Charles n’aspirait qu’à ressembler à Jésus et Jésus-Pauvre. Il expérimente alors cette ressemblance d’une manière qu’il n’avait pas envisagée: la maladie. Et la pauvreté qui survient peut être un germe de fécondité nouvelle, source de relations plus fraternelles, et d’une réelle union avec Dieu.

Jusqu’à son assassinat, en 1916, c’est ainsi que Charles proclamera à quel point Dieu est bon. Par toute sa vie,il laissera entendre de quel amour il a été saisi. Il n’aura d’autre prière que celle de l’abandon :

«Mon Père, je m’abandonne à Toi, fais de moi ce qu’il Te plaira».

Charles de Foucauld a été béatifié par le Pape Benoît XVI, le 13 novembre 2005.

"Le Frère Charles... n'appelle-t-il pas tous ceux qui sont inspirés par son charisme, à entrer en dialogue avec les cultures contemporaines et à prendre la route qui conduit à la rencontre des autres traditions religieuses, spécialement de l'Islam? C'est ainsi que les différentes communautés religieuses deviendront vraiment des communautés de dialogue dans le respect et non plus des communautés en conflit. Puisse cette façon de voir qu'a eu le Frère Charles de Foucauld continuer d'enrichir la vie de l'Église, et témoigner à tous que l'amour est plus fort que toute forme de tension et de division."

Pape Jean-Paul II, Juin 2001

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Vidéos (cliquez sur l'image)


Charles de Foucauld et le rayonnement eucharistique (1)
Présentation (excellente!) par le P. Florian Racine - 10 min.

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Texte paru dans la revue du MC de St-Jérôme, Le Palan, mars 2006
() Vidéo publiée par webtvcn.fr sur YouTube